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Président Reynié

De l’influence à la politique

samedi 2 mai 2015, par Emmanuel Lemieux

Il fut un militant actif de l’espéranto. Le politologue Dominique Reynié représentera la droite aux régionales dans la nouvelle grande région Languedoc.

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© Darius pour Panorama des idées.

C’est quasi officiel. Dominique Reynié (1960), politologue et président du think tank Fondapol, devrait être le candidat officiel de l’UMP-UDI à la présidence du Languedoc (fusion de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon) lors des régionales du 6 et 13 décembre 2015.

En signe d’allégeance et de conviction aux élus locaux sceptiques de ce « parachutage » sur un territoire électoral jugé imprenable, il a indiqué qu’il allait s’encarter à l’UMP. La seule adhésion politique qu’on lui connaissait jusque-là était plus singulière. Il avait 20 ans le 10 mai 1981 lorsque François Mitterrand fit basculer la France dans l’alternance politique à gauche, mais la seule adhésion politique que Dominique Reynié n’ait jamais faite fut de prendre alors sa carte au Mouvement Citoyens du monde. « J’avais monté une section à Rodez, où nous étions deux militants », lâche-t-il pince-sans-rire. L’histoire de ce mouvement mondialiste mérite qu’on s’y attarde quelques lignes. Partie de Chicago en 1945, l’idée généreuse et ancienne d’un gouvernement mondialiste, émise dans les années Vingt par l’Américaine Lola M.Lloyd et la Hongroise Rosika Schwimmer, finit par atteindre la France en 1947. Ici, Robert Sarrazac, un ancien militaire et chargé du « Service Information Allemagne » au Ministère des Prisonniers et Déportés fonde avec deux amis, le « Centre de Recherches et d’Expression Mondialiste ». ils feront en 1950 de Cahors la ville test, déclarée Cahors Mundi, et présidée durant deux jours par le surréaliste André Breton. Aujourd’hui Citoyens du monde combat « la mondialisation libérale ». Ce qui n’est pas exactement la position radicale de l’ancien jeune leader aveyronnais des années 80.

« L’important n’est pas d’avoir raison mais d’influencer »

Trente ans plus tard, le citoyen du monde n’écrit plus en espéranto, il est un politologue en vue, possédant son rond de serviette dans les médias, qui travaille sur les courants du populisme et dirige depuis 2008, la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol). Un triptyque caractérise la petite entreprise à idées : « libéral, progressiste et européenne ». Depuis son arrivée à la tête du think tank, Dominique Reynié n’aura connu que des situations de crise. Interne tout d’abord : la Fondapol, créature lancée en 2004 par l’ancien conseiller de Jacques Chirac à l’Elysée, Jérôme Monod, et l’aide financière de l’UMP (17 % la première année), dérivait en une sorte d’assemblée de copains chiraquiens avec armée mexicaine pléthorique et production d’idées plus proche de la littérature de comptoir que du sport intellectuel de combat. En un quinquennat à peine, le professeur de sciences politiques à l’IEP-Paris – et candidat malheureux à sa présidence — Dominique Reynié a tenté avec un certain succès d’éclairer les débats publics autour de la dette par exemple. Profession de foi : « Dans les temps de routine, le travail des idées est relégué au second plan. En revanche, il devient indispensable lorsque l’histoire change de rythme, annonçant de grands changements. Il faut alors malgré toutes les réserves et les réticences, penser autrement et agir différemment. C’est dans ce contexte qu’un think tank trouve sa pleine utilité sociale. » Règle d’or, État, relance du pouvoir d’achat, écologie innovante, démocratie, école, nouvelles générations et nouveau monde… La Fondapol a fait plancher des chercheurs et des spécialistes sur de nombreux thèmes afin d’alimenter les arguments notamment de l’UMP. Avec plus ou moins de bonheur.

« L’important n’est pas d’avoir raison mais d’influencer » se plaisait-il à dire avant la campagne présidentielle de 2012. Las, la ligne Patrick Buisson s’est imposée au candidat Nicolas Sarkozy au détriment de la sienne, théorisée dans son essai Populisme : la pente fatale. Celui qui se décrit volontiers comme « un petit entrepreneur d’idées » veut désormais tester leur robustesse sur le terrain plus versatile d’une élection. >


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