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Que le meilleur perde, théorie gagnante

mardi 17 mai 2011, par Emmanuel Lemieux

Tout responsable politique tente de perdre le pouvoir : la thèse défendue par le journaliste écrivain Michel-Antoine Burnier vient de gagner un énorme crédit avec l’affaire Dominique Strauss-Kahn.

S’il fallait un exemple chimiquement pur pour étayer la thèse politologique du "que le meilleur perde" du journaliste Michel-Antoine Burnier et du politologue Frédéric Bon, c’est bien l’affaire Dominique Strauss-Kahn. Principe : le pouvoir constitue un énorme fardeau, et tout responsable politique un tant soi peu responsable n’aspire qu’à le perdre. Alors que tout lui souriait (en apparence), le patron du FMI, présupposé candidat à la présidentielle 2012, a tout perdu. Que le meilleur perde en effet : là où l’on attendait les prouesses de Nicolas Sarkozy, particulièrement performant dans les sondages en baisse, c’est son outsider qui le double et hypothèque toute chance de manière spectaculaire. Une forme de suicide social, ont analysé des psychanalystes. D’autres candidats ou figures de pouvoir préfèrent mettre les formes, un style plus ampoulé, des stratégies sinueuses mais la visée est la même : perdre.

Souvenons-nous de Jacques Delors, renonçant à se porter candidat à un fauteuil qui l’attendait. La présidentielle de 2002 fut un formidable billard à trois bandes du qui perd gagne : Jacques Chirac ankylosé par la charge présidentielle crût perdre sa réélection avant d’être doublé par plus perdant que lui en 2002, Lionel Jospin, éjecté du deuxième tour, et de devoir affronter un leader d’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, tétanisé par l’idée même d’une victoire.

"L’objectif profond des hommes politiques, ce n’est pas la victoire, mais la défaite" martèle depuis des années Michel-Antoine Burnier. Le journaliste, cofondateur d’Actuel, a repris du service depuis septembre dernier et anime chaque semaine dans Les Inrockuptibles, sa chronique, piochant dans l’actualité politique du grain à moudre pour sa théorie. Avec DSK, il sera difficile de trouver meilleur perdant en 2012.


Repères :

Lire "Que le meilleur perde" tous les mercredis dans les pages politiques des Inrockuptibles.


le 21 mai 2011 : Que le meilleur perde, théorie gagnante

eh bien si l’objectif "profond" (depuis Nietzsche il faut toujours se méfier de cet adjectif religieux) est de perdre, M. Sarkozy sera président ad infinitum, ou même ad libitum.


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