Raphaël Glucksmann fait un saut sur la Place publique

Le 7 novembre 2018, par Emmanuel Lemieux

L’essayiste lance avec l’économiste Thomas Porcher ou la militante écolo Claire Nouvian, son mouvement d’idées et d’innovations provenant de la société civile, Place publique.

#Politique

Mouvement. Avant l’été, c’est L’Aurore, think tank républicain de gauche pur sucre qui a été lancé à l’Assemblée nationale même par Laurent Bouvet et Gilles Clavreuil, à la fin de l’automne c’est une autre gauche qui s’invite dans le débat et la réflexion. L’essayiste Raphaël Glucksmann, après avoir été poussé cet été vers la sortie du Nouveau Magazine Littéraire dont il était le directeur de rédaction, n’a pas quitté pour autant l’agora. Cette rentrée, la promo intensive de son essai Les enfants du vide ( 55 000 exemplaires déjà partis ) a chauffé la salle. Avec l’économiste Thomas Porcher, la militante écolo, présidente de l’ONG Bloom et chroniqueuse de L’Obs Claire Nouvian, ou encore l’entrepreneuse Diana Filippova, il vient de lancer officiellement le mouvement Place Publique. Se réclamant comme une formation émanant de la société civile, il a l’ambition de « répondre à des urgences » de la société et de l’Europe.
On peut déjà décortiquer les premières intentions de réflexions et débats sur leur site place-publique-eu ( à ne pas confondre avec le site citoyen Place publique ). Les responsables d’ateliers intellectuels sont appelés ici les « porteurs et porteuses de cause. » Les urgences ? « Agir pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver le vivant. Agir pour empêcher que la montée des inégalités ne disloque nos sociétés. Agir pour endiguer la vague identitaire et autoritaire qui s’abat sur nos démocraties. Agir pour construire une Europe démocratique, solidaire et écologique. Agir pendant qu’il est encore temps. » peut-on lire en incipit de leur manifeste publié, pas vraiment novateur, en exclusivité dans ce qui reste du quotidien Libération.

« Politique »  : nous assumons ce mot.

Écologie, justice sociale, Démocratie, Europe : Le travail intellectuel se veut ici action pour des utopies concrètes. « Agir politiquement. Partout en France, et bien au-delà, des millions de citoyennes et de citoyens se mobilisent déjà et prennent en charge à leur échelle les transformations vitales que nos gouvernements refusent d’assumer. Coopératives paysannes sur les circuits courts, associations se battant pour préserver les solidarités sociales ou lutter contre les discriminations qui défigurent la République, tiers lieux réinventant l’espace public, collectifs œuvrant à un accueil digne des exilés ou s’opposant aux projets climaticides, élus locaux mettant en place la démocratie participative, ONG luttant contre l’évasion fiscale, tous essaient, à leur niveau, d’infléchir le cours des choses.

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L’essayiste Raphaël Glucksmann : partir des idées et du terrain pour créer une nouvelle offre politique. (Source photo : Joël Saget)

Mais sans prolongement politique, ces luttes, ces engagements, ces espérances, ces succès ne suffiront pas à enrayer notre marche collective vers l’abîme. « Politique »  : nous assumons ce mot. Nous venons d’horizons différents, nos votes ne furent pas toujours identiques, nos opinions peuvent diverger sur certains points, mais nous sommes toutes et tous d’accord sur l’essentiel et nous avons toutes et tous conscience de vivre un moment de bascule. »
Raphaël Glucksmann dont on reconnaît la patte lyrique dans le texte, souhaite créer une plateforme des bonnes volontés et des cerveaux audacieux. « En partant des idées, des solutions, comme des mobilisations de terrain, nous devons construire un mouvement ouvert à toutes celles et tous ceux qui partagent les principes de solidarité sociale, de respect du vivant, de renforcement de la démocratie et de promotion des droits humains. Organisée autour de causes communes et animée par des porteurs et porteuses de cause, Place publique se fixe comme mission d’accueillir les luttes et les expérimentations existantes, de les mettre en relation les unes avec les autres, de forger à partir d’elles une vision du monde et de porter un projet alternatif à l’atomisation sociale et aux passions autoritaires. De partir du terrain et des idées pour produire une nouvelle offre politique. »
Dans l’agenda, les élections européennes de 2019 devraient constituer la pierre d’angle de Place publique qui entend y porter haut sa voix.
Comme une petite réplique de la gauche politique et intellectuelle des années 1960, on observe un bouillonnement de plateformes, associations, revues électroniques, start up d’idées à gauche, notamment dans l’attraction d’un Parti socialiste politiquement déprimé et intellectuellement lessivé. Ce bouillon de culture finira t-il par cristalliser dans des élections décisives, ou bien s’épuisera t-il dans un état gazeux ? La gauche recherche encore les mille et une pièces de son puzzle.

Les premier signataires du casting   : Judith AQUIEN dirigeante et fondatrice d’organisations pour la dignité des personnes en exil, Nayla AJALTOUNI militante associative, Farid BENLAGHA chef d’entreprise, Saïd BENMOUFFOK professeur de philosophie, Charles BRAINE militant associatif, ancien marin pêcheur et co-fondateur de la plateforme Petite Pêche, Pierre-Natnaël BUSSIÈRE étudiant, Lucas CHANCEL économiste, Vincent CARRY acteur culturel européen, Olivier DUBUQUOY géographe, universitaire et militant écologiste, Diana FILIPPOVA chef d’entreprise, auteure, Laure FOURTEAU-LEMARCHAND consultante en responsabilité sociale des entreprises, Raphaël GLUCKSMANN essayiste, Aziliz GOUEZ chercheuse, militante européenne et ancienne plume du président irlandais, Caroline KAMAL juriste, Jérôme KARSENTI avocat, Thierry KUHN responsable associatif, Dan LERT adjoint au maire du XIXe arrondissement de Paris, juriste, Claire NOUVIAN fondatrice et présidente de l’association Bloom, Thomas PORCHER économiste, Jo SPIEGEL maire de Kingersheim, Rui WANG responsable associatif, cofondateur de l’association des jeunes Chinois de France, André ZAJID essayiste, enseignant, ...




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