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SH, pas HS

vendredi 13 janvier 2012, par Emmanuel Lemieux

Jean-François Dortier propose une nouvelle formule du mensuel Sciences Humaines et théorise le Développement Intellectuel Durable

A partir du samedi 14 janvier 2012, on ne dit plus à son kiosquier : "Sciences Humaines, siou plaît mais SH, et vite ! " Fondé en 1988, proposé en kiosques deux ans plus tard et toujours basé à Auxerre (Yonne), le magazine spécialisé avait envie de faire peau neuve depuis quelque temps déjà. C’est chose faite pour son numéro 234 (daté de février 2012). La volonté de changement se manifeste par le rafraîchissement du logo et de la Une, plus au goût graphique du jour. Pour le reste, l’abonné ne sera pas vraiment désorienté par la "nouvelle formule" claironnée : à l’exception des têtières et de l’introduction d’encadrés résumant l’essentiel d’un papier, ni la typographie, ni le séquençage des rubriques ni surtout le contenu ne bougent. On ne bouscule pas un ADN comme ça, surtout en période de crise.

Le premier semestre 2011 a été tendu pour les ventes kiosques qui tournent autour de 10 000 exemplaires, mais avec des saillies heureuses telles que le succès de numéros sur les adolescents ou les addictions. A côté des hors-séries, l’entreprise a lancé avec succès un trimestriel, Le Cercle Psy (16 000 ventes en moyenne), adaptation raffinée papier du webmagazine (payant) dirigé par le journaliste Jean-François Marmion. De fait, le navire amiral a du repeindre sa coque d’un nouveau minium théorique, face à la bonne réception de sa deuxième revue plus dans l’air du temps. Par ailleurs le site du journal devrait être modifié en profondeur cette année, faisant mieux ressortir les différentes facettes et la richesse du fonds d’archives.

"C’est une intention de changement qui se manifeste et qui va s’approfondir, plaide Nadia Latrèche, directrice du marketing et de la communication du groupe auxerrois.

Lutter contre "la surabondance d’information, la surcharge cognitive, l’embopoint conceptuel"

Dans son éditorial, Jean-François Dortier promet que dans les mois à venir, on verra mieux la métamorphose conceptuelle à l’oeuvre, notamment avec le recours à des technologies du journalisme que la rédaction n’employait pas jusqu’alors, à savoir les reportages et les enquêtes. "La place faite aux récits et aux exemples vivants n’est pas qu’une concession à la bonne communication, explique le créateur du magazine. C’est aussi une exigence de pensée : faire alterner le modèle et le réel, la théorie et l’expérience."

2012 est l’année de l’acronyme chez Jean-François Dortier : SH et le DID. Le DID ? Pour "Développement Intellectuel Durable". Tout ce changement procède de cette volonté de fer que l’on prend en début d’année, à savoir lutter contre "la surabondance d’information, la surcharge cognitive, l’embopoint conceptuel", explique t-il dans son éditorial. De journal de décryptage des sciences humaines et sociales, SH se veut désormais le manifeste du DID. L’éditorialiste édicte quelques préceptes pour sa propre rédaction comme "la simplicité volontaire" (tri des infos), "la biodiversité culturelle" (casser les mythes scientifiques) et "comprendre et agir" (la pensée utile à l’action).

" Comprendre et agir" : après la "nouvelle formule", on attend donc la "formule enrichie" au DID.


Repères :

www.scienceshumaines.com


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