Sale temps pour un poète soufi du 17e siècle et les artistes contemporains

Le 6 mai 2009

Le 5 mars dernier, à Peshawar (nord-ouest du Pakistan), quatre bombes artisanales télécommandées ont endommagé le mausolée de Rehman Baba, grande figure du guerrier-poète de langue pacthoune, et de religion soufi. Si le tombeau proprement dit n’a pas été atteint, les attentats terroristes ont considérablement abîmé les abords du sanctuaire.

#Pakistan #Soufisme #Talibans

Le 5 mars dernier, à Peshawar (nord-ouest du Pakistan), quatre bombes artisanales télécommandées ont endommagé le mausolée de Rehman Baba, grande figure du guerrier-poète de langue pacthoune, et de religion soufi. Si le tombeau proprement dit n’a pas été atteint, les attentats terroristes ont considérablement abîmé les abords du sanctuaire. Le site de Rehman Baba, dont la poésie est particulièrement appréciée dans la région, mais aussi en Afghanistan, aimante chaque année de nombreux admirateurs par centaines, et notamment les femmes.

Pas de chance pour le doux poète soufi : la capitale de la province de la Frontière du Nord-Ouest est bordée par les zones tribales pakistanaises, où agissent en toute impunité les talibans afghans du réseau Al-Quaida. Ce sont eux qui sont soupçonnés d’avoir défiguré le mausolée. L’enjeu est de taille : l’islam radical veut contrecarrer le soufisme, selon des observateurs pakistanais, tel le blog en langue anglaise, Lahore.Metblogs.com (can-sufism-be-the-savior), qui redoute que le message de tolérance du soufisme perde sensiblement du terrain spirituel dans les mois à venir.

Rahman Baba n’est pas le seul à subir les outrages islamistes. Des artistes contemporains, peintres d’expression figurative, danseuses jugées outrancières, comédiens trop libres –mais aussi, barbiers qui s’aviseraient de raser les barbes, ou encore patrons de web-cafés- se voient ainsi contraints de fuir la terreur talibane pour gagner des métropoles encore plus tolérantes comme Karachi, Lahore ou Islamabad.

A une centaine de kilomètres de la vallée de Swat - où la charia est désormais acceptée par le pouvoir central-, la grande ville de Peshawar est, elle aussi, gagnée par les violences islamistes. « Nishtar Hall, le seul théâtre, est fermé depuis six ans. Les artistes sont eux aussi visés, comme Alam Mujahid, un célèbre comédien enlevé en janvier, relâché cinq jours plus tard à la seule condition qu’il renonce à ses activités. Haroon Bacha, un chanteur connu, a fui la ville voisine de Swabi pour les Etats-Unis. » rapporte ainsi El Watan, le journal algérien en langue française.




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