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Suicide d’Allende et mort d’une légende française

jeudi 21 juillet 2011, par Emmanuel Lemieux

Les conclusions officielles d’un rapport sur la mort du président chilien, lors du putsch du 11 septembre 1973, ne font aucun doute et mettent un terme à une légende... de la gauche française.

C’est une vérité historique officielle au Chili depuis le 18 juillet : le président Salvador Allende s’est bien suicidé, lors du putsch du 11 septembre 1973. Près de quarante ans après le terrible et sanglant renversement du président socialiste par le général Pinochet, les médecins-légistes missionnés par la justice chilienne ont conclu au suicide à l’aide d’un AK47, calé sous le menton.

Salvador Allende avait toujours juré qu’il ne se laisserait pas prendre vivant et qu’il mourrait les armes à la main. La photo iconique d’un président socialiste démocratiquement élu, coiffé d’un casque, et armé d’un fusil, en son palais de la Moneda bombardé par les pustchistes, a fait le tour du monde. Des doutes sur les conditions de sa mort ont fait jour car le fusil et la balle ne furent pas retrouvés. De plus, la famille du leader socialiste n’eut pas l’autorisation de voir le corps, même si elle admit par la suite la thèse du suicide. La Cour suprême du Chili a ouvert une procédure le 27 janvier dernier, s’inscrivant dans une démarche plus large sur 725 dossiers de crimes contre l’humanité non encore élucidés.

Un mythe de la gauche française

La famille du président défunt a déclaré son soulagement du fait que ce rapport coïncide avec leur propre conviction depuis toujours. « Le président Allende, le 11 septembre 1973, alors qu’il se trouvait dans des circonstances extrêmes, a pris la décision de se suicider plutôt que d’être humilié ou de subir toute autre chose  » a expliqué la fille du chef d’Etat défunt, la sénatrice Isabel Allende. Pourtant cette version du suicide n’a jamais été acceptée par une bonne partie de la gauche française.

Aujourd’hui directeur général de France 5, Bruno Patino, longtemps correspondant du Monde à Santiago, notamment durant la transition démocratique du pays, a enquêté sur cette persistante mythologie française du président mort les armes à la main. "Dans certains milieux journalistiques, intellectuels et artistiques, il a été longtemps impossible d’envisager une seule seconde qu’Allende se soit suicidé : pas assez viril comme comportement ", explique en substance l’ancien journaliste. En 1991, lorsqu’eurent lieu les obsèques officielles de Salvador Allende, une forte délégation de la rue de Solférino et Danielle Mitterrand se déplacèrent pour un ultime hommage : "Plus qu’aux Chiliens, les socialistes français ont surtout rendu hommage à leur propre imaginaire, celui où il est absolument tabou d’écrire que Salvador Allende s’est suicidé, préférant exalter un modèle de l’ultime don de soi. Cette légende n’existe qu’en France" analyse Bruno Patino (Génération Tonton, Don Quichotte Editions). Un film franco-bulgare, Il pleut sur Santiago (1975), et son auteur, l’influent cinéaste Helvio Soto (1930-2001), ont beaucoup milité pour la version de l’assassinat de Salvador Allende, à l’instar d’un Fidel Castro.

Le putsch de 73 s’est profondément ancré dans la culture de la gauche française. Ainsi, en mai 81, le directeur de campagne du candidat François Mitterrand, Paul Quilès, avait imaginé en point d’orgue un grand rassemblement populaire au Parc des princes. Mais Danielle Mitterrand et surtout Régis Debray avaient fermement dissuadé le candidat de s’y rendre. "L’image du stade leur faisait peur. Ils craignait le syndrome chilien et redoutaient que François Mitterrand ne soit victime d’un coup de force de l’extrême droite alors que les sondages lui étaient favorables", se souvient Paul Quilès. Ce projet ambitieux a été remplacé par la fête de la Bastille le 10 mai au soir. Un autre mythe, très franco-français celui-là et beaucoup moins martyrologique.


Par paniole 19 février 2012 : Suicide d’Allende et mort d’une légende française

Il est très probable qu’Allende s’est effectivement suicidé,comme l’ont dit plusieurs de ses compagnons restés en vie après l’assaut du palais.En effet,surtout au début,certains à gauche ont imaginé un assassinat,probablement pour "romantiser"un peu l’évènement.Et alors ? Cela change quoi ? La réalité c’est : un gouvernement légitime démocratiquement élu a été renversé par un sanglant coup d’Etat mené par des forces armées ayant juré fidélité aux institutions.Le reste n’est que fadaises....

- suicide Allende

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luc nemeth,  le 28 juillet 2011 : mon dieu, que de mépris du lecteur...

cet article est un bel exemple du révisionnisme, qui caractérise l’idéologie aujourd’hui dominante... Sommairement résumé (de manière générale) : les choses, ne sont pas, ce qu’on nous en avait dit ! Et sous-entendu (mais ici, pour une fois, clairement exprimé) : elles ne sont pas, ce que la gauche nous en avait dit !!!

Faut-il vraiment répondre à ça ?
On peut reprocher bien des carences à la gauche partitaire, en matière d’autocritique, là où il est question d’Allende. On peut même, partant de là, lui reprocher d’avoir idéalisé le suicide de celui-ci. Mais, pour qui voudra bien se reporter à la documentation existante : c’est bien la version de son suicide, qui a toujours LARGEMENT prévalu. La tentative de brouiller les cartes à cet égard relève ici de la malhonnêteté la plus insigne.


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