Accueil Influenceurs Idéathèque Couveuse Panorama



Tariq Ramadan n’est plus le diable aux Etats-Unis

jeudi 15 avril 2010, par Emmanuel Lemieux

L’intellectuel musulman promet des débats sans concession.

Le controversé prédicateur suisse Tariq Ramadan peut revenir aux Etats-Unis, après une interdiction de cinq années. La Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a levé la sanction, faisant tomber les raisons de l’interdiction, à savoir un financement d’environ 1300 dollars entre 1998 et 2002 à une ONG de droit suisse, soutenant le Hamas, et que le Trésor américain considérait terroriste.

L’intellectuel musulman jubile sur son blog :
"Comme le relève l’Union américaine pour la défense des droits civils (ACLU) – qui, avec les institutions American Academy for Religion, American Association of University Professors et PEN American Center, a poursuivi le Gouvernement américain - il s’agit d’une victoire majeure pour les libertés civiles aux Etats-Unis. Sous l’Administration Bush, les exclusions de professeurs et d’intellectuels s’étaient multipliées sous des prétextes fallacieux et de fausses raisons de sécurité. La nouvelle Administration Obama montre ainsi une volonté de s’ouvrir au monde à nouveau et de permettre les débats critiques."

Se réjouissant de pouvoir se remettre dans le débat public étasunien, l’universitaire qui est en tournée de conférences à Montréal, a bien l’intention de ne pas faire profil bas : " Le vrai dialogue est forcément critique, politique et idéologique et rien ne doit empêcher les opinions de s’exprimer et de débattre. Je n’ai jamais cessé de le faire et je ne cesserai point. D’autres gouvernements – en Orient – m’excluent encore de leur territoire et m’interdisent de m’exprimer librement : il faut saluer les progrès aux Etats Unis – tout en restant vigilant et critique sur les avancées effectives de la politique américaine – et il importe de continuer à résister à toute tentative d’intimidation par l’exclusion, la menace, la diffamation ou la calomnie."

Par ailleurs, T. Ramadan a étrenné cet automne sa chaire d’études islamiques à l’Oriental Institute à l’université d’Oxford, financé par le Qatar. Gratifiant également, il s’est vu coopter par la prestigieuse revue Foreign Policy parmi les "100 Global thinkers de l’année 2009". Un large lot de consolation alors que la ville de Rotterdam a mis un terme en 2009 à sa fonction de facilitateur communautaire, après des polémiques sur des propos jugés homophobes et sa participation sans sourciller comme animateur d’une émission de télévision financée par le gouvernement iranien.


Repères :

A lire sur notre site :
Tariq Ramadan, animateur d’une émission financée par le gouvernement iranien


Poster un nouveau commentaire

idees numero 1

La revue papier.
Soutenez-nous, commandez-le
à votre libraire, faites-le connaître,
ou abonnez-vous en cliquant ici.

Nous ! | | CGU | Archives | Administration
Copyright © 2009 - 2016 Cicero| Tous droits réservés
La reproduction totale ou partielle sans permission est interdite.