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Trump, Poutine : enfin du « mordant » dans la diplomatie française

mardi 6 juin 2017, par Les influences.fr

Pour Christian Harbulot, les ripostes de contre-intox de la France face aux faits alternatifs d’un Trump ou d’un Poutine vont dans le bon sens. Mais peut mieux faire pour ce qui concerne l’islamisme radical.

Politique. Dans les heures qui ont suivi la déclaration de Donald Trump de retirer les États-unis de l’actuel accord de Paris, le quai d’Orsay et l’Élysée ont répondu vigoureusement par le canal des réseaux sociaux : vidéo en anglais du ministère des affaires étrangères contrecarrant les faits alternatifs de Donald Trump, communication directe présidentielle à l’adresse de la société civile américaine. Christian Harbulot, directeur de l’École de guerre économique, essayiste ( Fabricants d’intox. La guerre mondialisée des propagandes) et blogueur (Le Courrier de l’IE) analyse ces ripostes nouvelles de l’État français.

« Le Quai d’Orsay a enfin pris la mesure des nouveaux enjeux de la communication. Et il était temps, car les prises de parole de notre diplomatie manquaient de mordant par rapport au cynisme de certains pays qui ont abandonné toute "retenue" à l’égard de l’information.

« La communication officielle doit désormais intégrer une approche du rapport de force en temps réel. »

À la suite du retrait des États-Unis des accords de Paris, le compte Twitter du Quai d’Orsay a corrigé les propos négatifs tenus par la Maison Blanche. Une vidéo diffusée par les services de la Maison Blanche critiquait l’accord de Paris sur le climat en le présentant comme un « mauvais deal » pour les États-Unis et le monde. La communication officielle doit désormais intégrer une approche du rapport de force en temps réel. La Maison Blanche pilotée par Donald Trump a bousculé toutes les convenances dans cet exercice difficile. Mais il n’est pas le seul à s’être engagé dans cette voie. Vladimir Poutine l’a précédé. Les deux premières puissances nucléaires de la planète ont désormais une approche globale et intégrée des techniques de propagande. Emmanuel Macron semble avoir compris cette nouvelle réalité des relations internationales. Mais il est vrai que le Quai d’Orsay avait commencé à se préparer en interne à cette mutation depuis plusieurs années. Une nouvelle génération de diplomates arrive aujourd’hui aux commandes. Elle se distingue de la précédente car elle a été sensibilisée individuellement aux nouvelles pratiques de la société de l’information. La culture du sacrosaint télégramme diplomatique a été remise en cause par la démultiplication des vecteurs de diffusion de l’information entre diplomates. La hiérarchie a dû s’adapter à cette révolution « culturelle » interne, puis externe. Mais il ne s’agit que d’une première étape.

La question de la lutte contre la radicalisation islamiste pose désormais le problème de l’adéquation entre un discours diplomatique et la politique intérieure. Le risque de cassure sociologique suggéré par la répétition des attentats commis dernièrement sur le sol britannique n’est pas à prendre à la légère. Nous ne sommes pas à l’abri d’un tel risque. Il n’est pas sûr que cette dimension du problème soit prise en compte pour l’instant par les pouvoirs publics. »


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