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Tunisian Girl, blogueuse nobélisable et maudite

lundi 3 octobre 2011, par Les influences.fr

Avec son blog, Lina Ben Mhenni a été l’une des actrices les plus actives de la Révolution de jasmin, et aujourd’hui l’une des plus décriées.

Ce lundi 3 octobre, tout le gratin de la blogosphère du monde arabe se retrouve à Tunis afin de débattre du rôle politique des réseaux sociaux. Emblématique de ce mouvement, Lina Ben Mhenni alias Tunisan Girl, née en 1983, vient d’être déclarée nobelisable, notamment par Kristian Berg Harpviken, directeur de l’Institut de recherche sur la paix.
Le 12 avril dernier, cette personnalité de "la génération Facebook" recevait à Bonn le prix du Meilleur Blog 2011, à l’occasion des Bob’s, un grand concours international des blogs.

"S’il n’y avait eu qu’internet, nous n’aurions jamais atteint notre but."

Lina Ben Mhenni s’est distinguée dans "la guerre virtuelle" tunisienne où s’affrontèrent cyberflics et cyberactivistes. En décembre et janvier derniers, profitant de la désorganisation et des grèves des universités, la jeune professeur d’anglais, fille d’un militant des droits de l’Homme sous Bourguiba, sillonne le Sud du pays, et notamment Erregueb. Elle poste ses photographies de cadavres et de blessés, et les commente courageusement. Via Facebook, Twitter, Flickr, elle participe à ces importants effets de mobilisation dans le réel et la rue.
Elle veut pourtant raison garder sur son rôle dans le grand dégagement de Zaba (le surnom attribué à l’ancien dictateur Ben Ali) : «  S’il n’y avait eu qu’internet, nous n’aurions jamais atteint notre but. Il y a des gens qui ont perdu la vie, des gens qui ont été blessés. Ce sont de biens plus grand sacrifices que ce que nous avons fait en tant qu’activistes sur internet  » a t-elle déclaré.
L’annonce de sa nobelisation a déclenché un prurit de critiques. Quelques mois seulement après la Révolution de jasmin et son 14 janvier libérateur, Tunisian Girl n’a pas que des amis fervents sur la Toile. Ses propos n’ont pas eu l’heur de plaire à toutes les oreilles, notamment : "la lutte est loin d’être terminée. Le danger vient autant des islamistes que des milices du RCD." Ici et là, on fustige ses propos, on incrimine sa façon de s’habiller, on réprouve ses prises de position contre le port du voile et son individualisme, on menace de l’égorger.

En juin, Indigène Editions, l’éditeur de l’inoxydable indigné Stéphane Hessel, a publié son opuscule, Blogueuse pour un printemps arabe. C’est une rage accumulée durant des années qui l’a poussé à se lancer dans un blog de contestation du pouvoir.

"Je suis un électron libre"

Profession de foi : "Je suis un électron libre, et je veux le rester. depuis que j’ai commencé à être active sur Internet, on me dit que ce n’est pas normal que je n’entre pas dans un parti politique : "Tu n’arriveras à rien toute seule". mais mon expérience m’a montré le contraire." écrit-elle dans son opsucule.

Psychologiquement épuisée, la cyberactiviste s’est un peu mise en retrait durant l’été. Elle a repris son clavier en septembre, notamment dans un texte rédigé en français, pour manifester son soutien à des militants italiens venus témoigner du sort pitoyable des exilés tunisiens : "Hier avec les deux blogueurs Azyz Amami et Henda Hendoud, nous sommes allés avec un petit groupe d’activistes tunisiens et italiens au port de la Goulette pour accueillir un groupe de 26 citoyens italiens qui ont voulu sensibiliser les gens par rapport aux souffrances des Tunisiens de Lampedusa en faisant le trajet opposé à celui que font nos jeunes dans les barques ou les felouques de la mort." écrit t-elle. Nobelise t-on un électron libre ?


Repères :

Lire :
www.atunisiangirl.blogspot.com/

www.indigene-editions.fr


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