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Un média américain met un doigt de pied en Corée du Nord

lundi 16 janvier 2012, par Arnaud Vojinovic

Effet de la nouvelle ère Kim Jung-Un ? L’agence Associated Press inaugure un bureau à Pyong Yang, sous condition de curieuses méthodes de travail

Associated Press (AP) a ouvert ce lundi 16 janvier 2012, un bureau de liaison à Pyong Yang en Corée du Nord. Coup d’éclat pour une agence de presse qui se veut la plus indépendante possible dans l’un des pays au monde où l’information est la plus contrôlée qui soit.

AP devient de fait la première agence de presse étrangère avec une présence permanente. Cet accord aura nécessité un an d’âpres négociations avec les autorités de Pyong Yang, débouchant sur un arrangement assez biscornu : Les locaux de l’agence américaine sont situés au sein même de l’agence de presse officielle nord coréenne, KCNA (Korean Central News Agency).

Si l’agence de presse américaine était déjà présente depuis 2006 en Corée du Nord pour assurer une petite production vidéo, à partir de ce mois de janvier, elle augmente sensiblement sa production, en fabriquant sur place dépêches et photos. Et si d’aventure on s’inquiète de la qualité de l’information locale, Thomas Curley, le PDG d’AP, rassure ses interlocuteurs en précisant que « le bureau de Pyong Yang travaillera selon les mêmes standards et avec les mêmes pratiques que les autres bureaux à travers le monde  ».

Associated Press, fondée en 1846, par une réunion de différents journaux américains est basée à New York. Si elle possède 300 bureaux à travers le monde et emploie pas loin de 2500 journalistes, les engagements de son PDG pour « une presse indépendante, juste et sérieuse » relèvent tout du même du défi démocratique quotidien à Pyong Yang. Cette image prend le risque de se voir fortement écornée au contact de la réalité nord coréenne. La très peu démocratique KCNA par la voix de son président, Kim Pyong-ho a d’ailleurs pris les devants, avertissant que quelque soit le travail effectué par les équipes américaines sur place, rien ne se fera sans une collaboration avec l’agence de presse d’Etat. Bon courage...

« le bureau de Pyong Yang travaillera selon les mêmes standards que les autres bureaux » assure Thomas Curley PDG d’AP

L’équipe de journalistes est composée de deux journalistes locaux qui ont déjà collaboré avec AP. Ils travailleront sous la houlette de deux autres journalistes américains (mais non-résidents) qui sont chargés de former la jeune et petite équipe. Les dépêches d’AP ne seront pas diffusées directement de la capitale, mais par le bureau de Bangkok après relecture, tandis que le flux d’images transitera par le bureau d’AP à Tokyo. Afin de confirmer la réalité de l’accord, le PDG d’AP, Thomas Curley, est attendu en mars à Pyong Yang, tandis qu’une délégation de KCNA se rendra à son tour en juin prochain au siège social d’Associated Press.
Faut-il y voir la fin d’un isolement diplomatique jusqu’alors superbement assumé par le régime militarisé et nucléarisé de la Corée du Nord ? Dans cet entre-deux de gouvernance, où le dauphin Kim-Jong Un vient de succéder à son père, Pyong Yang souffle le chaud et le froid sur ses relations avec Washington. A ces signes timides mais inédits d’ouverture à la presse extérieure, s’opposent également les récents essais de deux missiles à courte portée au large des côtes orientales. Pour l’instant, la diplomatie américaine n’a formulé aucun commentaire sur l’implantation d’AP à Pyong Yang.


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