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De la Schnock attitude

Laurence Rémila et Christophe Ernault viennent de lancer avec succès la revue Schnock : une contre-culture du jeunisme ambiant.

Au développement des industries culturelles depuis les années 1960, la mémoire conservée et plus facilement diffusée par les technologies numériques de cette décennie a fait naître une nouvelle nostalgie, celle que peuvent désormais partager des générations de "vieux de 27 à 87 ans", comme l’annonce en base-line, la nouvelle revue Schnock. Toute une culture populaire en extension forme ainsi un continent ludique que peuvent désormais farfouiller explorateurs de la mémoire et taupes underground.
En 2010, les PUF avaient déjà touché du doigt le phénomène en publiant Le Dictionnaire culturel de la France contemporaine populaire, premier du genre, sous la direction de Christian Delporte, Jean-Yves Mollier et Jean-François Sirinelli.

Un succès de librairie

Utilisant le savoir-faire magazine de Technikart dont elle est issue, Laurence Rémila, avec la collaboration de Christophe Ernault, a lancé une revue semestrielle, pareille à un livre de 176 pages, publiée par l’éditeur La Tengo Editions et disponible en librairie ou par abonnements. Toutes ces figures d’un autre temps revisitées, " ce sont, à un moment où nous-mêmes commençons à subir les ravages du temps et à cultiver avec délice une certaine morgue à l’encontre des générations qui nous succèdent, nos "résistants" à nous", expliquent les promoteurs de la revue dans leur éditorial. Bien vu. Lancée le 25 mai, Schnock qui entend scénographier toute cette mémoire comme bon lui semble et selon nos bons plaisirs du moment, est entrée dans le club des 50 meilleures ventes de la catégorie "Essais" d’Ipsos/Livres Hebdo un mois plus tard : située au 26e rang, entre Passeport adultes : cahier de vacances (Hachette Education) et Y a t-il un grand architecte dans l’univers ? de Stephen Hawking (Odile Jacob), devançant même le tome 1 des mémoires de Jacques Chirac et le livre blitz DSK, la descente aux enfers. Début juillet, le tirage total du premier numéro de Schnock atteint 11 500 exemplaires, ce qui serait modeste en kiosque -et même financièrement problématique-, gagne en visibilité et en espérance de vie dans la librairie.

La nostalgie n’est plus réactionnaire

Moins saillante dans sa facture journalistique pour ce qui relève de la politique et des faits divers, Schnock est à son meilleur, lâchant de goûteuses madeleines (ses Chamonix et ses Figolu en l’occurence) lorsqu’elle affirme ses passions culturelles. Un beau travail autour de Jean-Pierre Marielle, le héros totémique et old school de la revue, et par ricochet, du cinéaste Joël Seria et ses Galettes de Pont-Aven est ainsi proposé. L’hallucinant témoignage d’un ex-collaborateur de Tonton Mayonnaise (Stéphane Collaro) côtoie les souvenirs d’un ex-concepteur de gadgets pour Pif Gadget, un étonnant portrait du "Chanteur sans nom" des années 30, une interview ratée (comme le divin gâteau du même nom) d’Eddy Mitchell, ou encore la micro-saga de Chagrin d’amour. Cette nouvelle nostalgie à l’oeuvre révèle cette nouvelle revue n’est plus forcément synonyme de réactionnaire. La Schnock attitude serait-elle dans l’air du temps ?

Voir aussi :

www.la-tengo.com

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