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Initialement BB

vendredi 9 décembre 2011, par Alexandre Mathis

Une hagiographie en images de Brigitte Bardot, légendées par la star elle-même

Beau livre sur papier glacé, comme il en sort par fourgons chaque fin d’année.
Inspiré, l’éditeur a réduit le nombre de pages noires. Noir sur lequel restent les traces de doigts, qui nous font cacher les livres les plus précieux. Le bébé est du format carré des défunts vinyl 33 tours, trop mince pour être pris par le facteur pour une boîte de chocolats. La majorité des pages de Brigitte Bardot vue par Léonard de Raemy sont blanches, ceci permet à l’actrice d’apposer les légendes écrites de sa main à l’encre bleue sous chacune de ses photos.
Une photo par page. Au bout de dix pages, la première impression a pris forme. L’hagiographie bat son plein. On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Dans le cas présent, personne d’autre ne pouvait le faire. L’impression se confirme au fil des pages, cinéphile s’abstenir. No fan de BB, s’abstenir. Pas une photo déshabillée, non plus. Ce n’est pas le propos. À qui s’adresse ce livre, alors ? J’ose une réponse, aux inconditionnels seuls de Bardot.

Célébration des navets

Léonard de Raemy a fondé Gamma Presse Images en 1966, puis Sygma en 1973.
Les photos de Léonard de Raemy qui couvrent ce nouveau livre sur Brigitte Bardot (combien y en a-t-il eu avant ‒ de Simone de Beauvoir à Stanislas Choko ‒ bien calé celui qui répondra) vont de Viva Maria en 1965 à Coulinot Trousse-Chemise dernier film où apparaît l’actrice, en 1973.

L’ennui, de taille, tous les films dont il est question ici sont des navets. À commencer par un des plus mauvais Louis Malle (avec Vie privée), on ne peut plus éloigné de Feu Follet, de Calcutta, d’Alamo Bay… Suivent pour ce qui nous occupe À cœur joie, ratage de Serge Bourguignon ‒ qui nous ferait oublier Les Dimanches de Ville d’Avray ‒ malgré la présence de Laurent Terzieff (un des rares êtres semblant trouver grâce aux yeux de BB avec Robert Hossein et le couturier Jean Bouquin), Shalako autre ratage signé Edward Dmytryk, Boulevard du Rhum de Robert Enrico (produit insipide par l’auteur de La Rivière du hibou et des Aventuriers), film dont Bardot écrit n’avoir gardé aucun souvenir, Les Pétroleuses (autre plantage commencé par Guy Casaril, repris par Christian-Jaque) avec Claudia Cardinale (et Michael J. Pollard présent sur une photo avec une légende peu flatteuse), Don Juan 73 de Vadim (dont les derniers beaux films remontent au tout début des années 60). Seul film de la décennie retenue, que l’on aurait aimé voir dans le livre : L’Ours et la poupée de Michel Deville (où Brigitte Bardot apporte une fantaisie qui fait défaut aux autres films) est absent de l’ouvrage.
Outre celui-ci, les films de Bardot que l’on aime sont avant. Ceux que l’on veut retenir commencent même juste avant Viva Maria. C’est Une ravissante idiote, c’est Le Mépris, plus loin La Lumière d’en face, Et Dieu créa la femme… Même Une Parisienne… parmi des pépites et des comédies où la légèreté était de mise.
Pas des films montés sur des stars, comme des coups commerciaux.

"Mes cheveux sont une parure"

Une partie de cet album de photos est dédiée aux animaux. Ceux-ci sont pour Brigitte Bardot, personne ne l’ignore, la chose qui importe le plus dans sa vie.
Portraits des amis ‒ amies de Brigitte, toujours avec elle. Préférable pour un livre qui reste être sur Brigitte Bardot. C’est ce qui différencierait cet album de ce que peut être un album personnel, où les animaux photographiés peuvent être seuls, comme ils le sont souvent dans les albums de photos de famille.
Bardot nous présente la chienne Pichnou ; Milou ; un chimpanzé et le chien Betterave à Londres en 1966 pendant le tournage d’À coeur joie , chien de Terzieff dans le film ; l’âne Cornichon (animal qui inspira l’âne si doux de Francis Jeammes marchant le long des houx, Au hasard Balthazar à Robert Bresson, Bim le petit âne à Albert Lamorisse et à Jacques Prévert) ; Biquette la chèvre ; Duchesse, la jument sauvée de l’abattoir, qui vivra quarante ans ; un lapin, attention… pas pour manger, les moutons non plus… (je pense à Corinne Luchaire cachant son lapin, pendant la guerre, de ses proches qui auraient voulu le manger)… curieusement, les chats ne sont pas de la partie.
L’album se termine sur un plan rapproché de BB pris en marge de Don Juan 1973. « Mes cheveux sont ma parure. Je ne les ai jamais coupés et ils font partie de ma vie.  »

Brigitte Bardot vue par Léonard de Raemy, textes de Marc de Raemy et Brigitte Bardot, avec la collaboration de François Bagnaud, Éditions Didier Carpentier, 140 pages. 29,90 euros. Parution : 24 novembre 2011.

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