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Pfizer a corrompu des médecins à grande échelle pour qu’ils prescrivent n’importe quoi

Un ancien délégué médical, John Kopchinski, sort vainqueur de 6 années de procédures judiciaires contre son ancien employeur, le géant pharmaceutique mondial Pfizer. Via des commissions occultes, la firme encourageait des centaines de médecins à prescrire des médicaments surdosés ou à contre-emploi.

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Kathleen Sebelius

En plein débat sur la réforme du système de santé américain, c’est l’équipe de Barak Obama par la voix de Kathleen Sebelius (Département de la santé) qui en a fait l’annonce bien que le dossier ait été initié sous l’ère Bush : Pfizer est astreint à une amende de 2,3 milliards de dollars pour des pratiques commerciales illégales.

« Cet accord est historique non pas seulement car c’est la somme la plus importante qu’a pu récupérer d’une compagnie pharmaceutique, le contribuable mais aussi du fait que c’est la première fois aux Etats Unis qu’une compagnie pharmaceutique sera soumise à une telle procédure de contrôle et de contrainte » a déclaré Kathleen Sebelius lors de la conférence de presse.

« Je ne pouvais pas faire ça »

Face à l’ignominie d’une entreprise dont la seule raison d’être est le profit, c’est le courage de quelques hommes dont John Kopchinski qui ont amené la justice à se pencher sur les pratiques de Pfizer.

Diplômé de West Point, décoré et cité à plusieurs reprises lors de la première guerre du Golf, dès sa sortie de l’armée en 1992, John Kopchinski est embauché chez Pfizer en tant que délégué médical. Il y restera 11 ans, obtenant entre temps un MBA et quittera la société au poste de délégué médical senior spécialisé en rhumatologie, orthopédie et neurologie.

« A l’armée, j’étais censé protéger à tout prix la population. Chez Pfizer j’étais censé faire du profit à tout prix même si pour cela il fallait mettre en danger la vie d’autrui. Je ne pouvais pas faire ça. »

John Kopchinski et cinq autres informateurs ont permis de mettre à jour les pratiques amorales d’un des plus grands groupes pharmaceutiques mondiales, Pfizer.
Depuis 2002 c’est la quatrième fois que la firme se retrouve sous le coup d’une amende pour des pratiques douteuses.
Dans cette dernière affaire bien que le conseil d’administration déclare ne pas avoir été au courant de ces pratiques et affirme avoir déjà sanctionné les fautifs, les fraudes du système de santé publique et la mise en danger de la vie d’autrui ne peuvent qu’inquiéter.

Des pratiques amorales

Condamné pour pratiques commerciales illégales, Pfizer poussait en fait les médecins, via un système de commissions occultes [1], à prescrire des médicaments soient sur-dosés, soient en dehors de leur spectre normal d’utilisation. Sont concernés :

  • un anti-douleur, le Bextra. Prescription à des doses non permises, cause de nombreux accidents cardiaques. Il a été retiré du marché en 2005.
  • un anti-psychotique (traitement des troubles bipolaires et de la schizophrénie), le Geodon. Prescription en dehors de son champs normal d’application.
  • un anti-biotique, le Zyvox. Prescription en dehors de son champs normal d’application et plus particulièrement pour des bactéries sur lesquelles ce médicament n’avait aucun effet.
  • un anti-épileptique, le Lyrica. Prescription en dehors de son champs normal d’application.
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Bextra, retiré en 2005

La procédure judiciaire a débouché sur un accord à l’amiable assorti d’une amende record de 2,3 milliards de dollar (1,5 milliard d’€uros), d’une obligation pour Pfizer d’indiquer sur son site web dès février 2010 tous les liens financiers que la société entretient avec les médecins, les organismes médicaux et les associations de malade. De même il sera mis en place un dispositif d’alerte afin de permettre aux médecins de dénoncer toute pratique illégale de la part de Pfizer.

Beaucoup regrettent la faiblesse de l’amende dont le montant qui semble astronomique représente moins de trois semaines du chiffre d’affaire du groupe. Quant au délégué médical qui a participé à l’enquête du FBI, il peut empocher 51 millions de dollars (35 millions d’euros).

[1Le médecin touchait une prime de 50 dollars s’il prescrivait du Bextra avant ou après une intervention chirurgicale.

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