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le testament d’un apparatchik LR

mercredi 8 mars 2017, par Emmanuel Lemieux

Gilles Boyer, Rase campagne, Paris, JC Lattès.

Politique. Rase campagne mais 800 jours de campagne à plein tube. Lieutenant d’Alain Juppé, affecté aux tweets qui tuent, et directeur de campagne durant la primaire, Gilles Boyer écrit aussi. Autant annoncer la couleur tout de suite : ses livres précédents sont plus heureux et captivants, le dézingueur numérique a eu du mal à prendre le rythme plus apaisé d’un essai, son témoignage fonce à mille à l’heure, et on a à peine le temps de compter les moustiques qui s’écrasent sur le pare-brise. Le style se veut nonchalant, poivré d’humour et y parvient. Parfois. On y apprend peu de chose qui ne soit déjà confirmé par ailleurs, et l’aspect RH ( ma carrière, mon CV, mes amis) parait longuet.
Mais le récit est sauvé par deux ou trois idées sur la com’ politique et un petit métier indispensable de la politique, celui d’ "apparatchik" assume et théorise drôlement Boyer. "Je sais que je vivrai toute ma vie dans le souvenir de cette campagne, des décisions que j’y aurai prises, des conseils que j’y aurai donnés. Je sais que, bons ou mauvais, ils me poursuivront", énonce t-il. Les journalistes et les électeurs citoyens ne sauraient dire mieux.

Le récit est sauvé par deux ou trois idées sur un petit métier indispensable de la politique, celui d’"apparatchik " assume et théorise drôlement Gilles Boyer.

Ce récit peut également se concevoir comme le testament d’un apparatchik LR, puisque Gilles Boyer a décidé de passer de l’autre côté du miroir et se présenter aux législatives.
Le temps d’un week-end, le livre a failli même sombrer corps et biens, mais le revival d’Alain Juppé en remplacement du vainqueur de la primaire aura fait long feu. Il y a quelque chose de surréaliste à lire dans le tohu-bohu de la droite qui change de pied chaque jour, ces lignes de soumission écrites avant la démission de Gilles Boyer de son poste de trésorier de la campagne Fillon : " J’ai passé 800 jours à attendre de savoir quelle tuile allait nous tomber sur la figure. (... ) Mais il faut rebondir. Vite. (...) Je soutiens François Fillon." La corde, le pendu et toutes ces sortes de choses... La politique comme la littérature snobe les bons sentiments.


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