Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

Dans la tête d’un Chinois

Publié le 8 mai 2009 par

L’Annuel des idées-Février 2008

Vision du monde. Selon Régine Pietra, professeur de philosophie à l’université de Grenoble et auteur de La Chine et le confucianisme aujourd’hui (Le Félin, 2008), «  la vision du monde développée par les philosophes chinois est fondée essentiellement sur un certain nombre d’attitudes morales : attention à autrui, bienveillance, respect  ». La philosophie chinoise est plus une morale, un ensemble de préceptes et de valeurs.

Vie idéale. Pour les néoconfucéens, la vie idéale tient du respect de plusieurs préceptes : «  se gouverner, avoir le sens du devoir, respecter son supérieur, obéir  ».

Rapport à la nature. Le concept d’harmonie est très important chez les Chinois. D’autant plus important que la modernisation a des effets négatifs sur la nature. Des philosophes comme Liu Shuxian ont des préoccupations environnementalistes. Le taoïsme est à l’avant-garde de ce combat, n’hésitant pas à prêcher pour un retour à la nature contre les artifices de la modernité. «  Il y a un courant important d’activistes de l’environnement. Ces gens ont joué un rôle réel. Ils ont attiré l’attention des autorités sur les dangers liés à la destruction de la nature  » ajoute Marianne Bastid-Bruguière. Il y a eu ces dernières années des sécheresses terribles, des inondations, des drames liés à la déforestation. Le tremblement de terre au Sichuan a mis en lumière le manque de système d’alerte et l’absence dans la conception des bâtiments publics de technique anti sismique. Jean-Philippe Béja est plus nuancé : «  Sur l’environnement, ça ne va pas si loin car ça remettrait le développement économique en question.  » Le sommet du G8 qui s’est tenu à Toyako (Japon) du 7 au 9 juillet tend à confirmer cette impression. La Chine – comme les pays du G5 dont elle fait partie avec l’Inde, l’Afrique du Sud, le Mexique et le Brésil – a refusé de se fixer des contraintes en matière d’émission de gaz à effet de serre.

Mort. Les philosophes chinois insistent surtout sur la vie, sur le moment présent. Mais le culte des morts est très présent. «  Il y a la croyance en une continuité de la famille héritée du bouddhisme. Tout chinois est un peu bouddhiste. Il y a donc un grand respect des morts, de la lignée. Ils vont sur les tombes, donnent à manger aux morts  » explique Régine Piétra. «  Si on est un peu taoïste, on considère que le courant de la vie est tel que l’on ne doit pas se lamenter sur la mort. Elle fait partie de la vie  » continue-t-elle. Le néoconfucianisme est optimiste quant à une survivance après la mort. «  On peut parler d’un optimisme généralisé. Les Chinois ne connaissent pas le concept d’angoisse ! L’inconscient, le complexe d’Œdipe est étranger pour eux ! Même si tout change à très grande vitesse  » ajoute le professeur de philosophie.

La chine et le monde. Selon Jean-Philippe Béja : «  la Chine ne recherche pas le leadership, à part peut-être inconsciemment chez ses dirigeants.  » La Chine a ouvert ses frontières mais reste encore réticente à l’entrée de capitaux ou d’entreprises étrangères. Pour preuve, les déboires de Danone dans l’empire du Milieu. «  Il y a encore un débat sur la mondialisation entre la Nouvelle Gauche qui s’y oppose et le gouvernement et les libéraux qui y sont favorables pour des raisons opposées. Les libéraux et les dissidents sont favorables à la globalisation pour faire entrer le concept des droits de l’homme ; pour le pouvoir, c’est une promesse de développement économique. D’où la difficulté pour le gouvernement de manipuler le nationalisme  » explique Jean-Philippe Béja. Ainsi généralement au bout de trois jours, le gouvernement chinois fait arrêter les manifestations. Celle notamment contre les produits français après le passage mouvementé de la torche olympique à Paris. Pékin est gêné car la mondialisation lui profite. Quelle Chine dans le monde ? «  Pour les libéraux et les dissidents elle doit être démocratique et non exportatrice d’autoritarisme ; les autres comme les confucéens cherchent encore, répond Jean-Philippe Béja. Les Chinois se disent : «  On a retrouvé notre rang de puissance, il faudrait peut-être qu’on ait quelque chose à dire. Jusqu’à maintenant on n’avait rien à dire !  » La dernière fois qu’ils avaient quelque chose à dire c’était le maoïsme…

Abonnez-vous ! Partager sur Twitter Partager sur Facebook

Laisser un commentaire

Ce site web utilise ses propres cookies et ceux de tiers pour son bon fonctionnement et à des fins d analyse. En cliquant sur le bouton Accepter, vous acceptez l utilisation de ces technologies et le traitement de vos données à ces fins. Vous pouvez consulter notre politique en matière de cookies.   
Privacidad