Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

Julien Dray, un monstre ? ou l’avenir du socialisme collectionniste

Publié le 2 septembre 2009 par

chri_taguieff.jpg Je ne comprends pas pourquoi l’on en veut autant au socialiste modéré Julien Dray, qui fait preuve d’une passion immodérée pour les montres de luxe. Le communiste très modéré Leonid Brejnev faisait collection d’automobiles de luxe. L’ex-trotskiste recentré Julien Dray fait collection de montres de luxe. C’est toute la différence entre un communiste et un
socialiste : le communiste voit toujours grand, le socialiste toujours
petit. Même dans l’ordre des passions, nul n’échappe au déterminisme des générations : le socialisme reste le petit frère du communisme.

Le désir d’acquérir doit être reconnu pour ce qu’il est : le véritable
moteur de l’engagement socialo-communiste. Le rêve de tout socialiste authentique, c’est d’enrichir ses collections d’objets. Certains, porteurs d’une vision d’avenir, ouvrent l’horizon et donnent l’exemple à suivre : le financier philanthrope Pierre Bergé, étoile de la gauche opportuniste, a longtemps fait collection de toute la beauté du monde. Après la fin des exploiteurs frileux s’ouvre l’ère des collectionneurs sans frontières. Dans
la lignée trop peu étudiée du socialisme collectionniste, il faut distinguer avec rigueur les héritages collectifs des acquisitions individuelles. Le grand défi du XXIe siècle qui commence, c’est de réussir l’individualisation intégrale de l’esprit collectionniste.

Le collectivisme est chose du passé, dont on doit faire table rase.
Les trois grandes idéologies qui comptent dans la modernité sont les suivantes : le collectivisme, l’individualisme et le collectionnisme. Le collectivisme a échoué dans toutes ses applications historiques, modérées (socialisme, social-démocratie) ou extrémistes (communisme). Seule une synthèse de l’individualisme et du collectionnisme peut fournir les outils conceptuels permettant de faire face aux grandes crises qui s’annoncent. Cette synthèse individuo-collectionniste est aujourd’hui l’utopie la plus exaltante. À l’âge de la globalisation et de la démocratie cosmopolite, le collectionnisme individualiste est l’avenir du socialisme. Une nouvelle Internationale est possible, préfigurée par la communauté transnationale des collectionneurs de timbres, promesse d’un monde meilleur fondé sur la recherche, la négociation, le compromis et le partage. Mais, comme nous y exhorte inlassablement Edgar Morin depuis près d’un demi-siècle, il convient d’avoir une perspective toujours plus planétaire, et ne pas s’en tenir aux timbres-poste, seraient-ils de beaux timbres, ni aux montres suisses, seraient-elles de luxe. Il ne faut négliger ni les timbres fiscaux, injustement méprisés, ni les montres molles, aussi rares soient-elles. Le mot d’ordre de cette nouvelle Internationale sera bien sûr : «  Collectionneurs de tous les pays, unissez-vous !  »

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4 commentaires sur “Julien Dray, un monstre ? ou l’avenir du socialisme collectionniste

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