Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

#Erich Von Stroheim #The Crime of Doctor Crespi #The Great Gabbo #The Lady and the Monster #The Mask of Diijon

Magnificence d’Erich Von Stroheim

Publié le 31 juillet 2012 par

The Great Gabbo, The Crime of Doctor Crespi, The Lady and the Monster , The Mask of Diijon ... Revoir et savourer le jeu d'un acteur étonnement humain qu'un coffret de DVD (Artus Films) ranime
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7 commentaires sur “Magnificence d’Erich Von Stroheim

  1. Magnificence d’Erich Von Stroheim
    Les deux meilleurs films du coffret sont clairement THE GREAT GABBO et THE MASK OF DIIJON [Le Masque de Dijon. Ce dernier qui ne m’était jusqu’ici connu que par la belle photo de plateau (présentée en bonus sur le DVD Artus films)de Stroheim hypnotisant la vedette féminine, publiée en 1973 p.231 dans LES CLASSIQUES DU CINEMA FANTASTIQUE de Jean-Marie Sabatier.

    Je reviens sur les films titre par titre car ils le méritent.

    THE GREAT GABBO
    Un incunable rare, arrivant dans une belle copie bien restaurée, bien mastérisée mais auquel il ne manquait qu’un peu plus de cruauté, un peu moins de séquences utilitaires sonores de remplissage pour qu’il fût marqué du pur sceau du fantastique. On s’approche absolument de Tod Browning dans l’idée, et dans la réalisation de l’idée à savoir donc dans les grandes scènes de duo ou trio Gabbo, Otto, la maîtresse de Gabbo. Mais on s’en approche effectivement sans y atteindre totalement par la faute d’un scénario trop timide qui ne traite pas encore franchement la possession inversée du ventriloque par sa marionnette, ainsi que le feront AU COEUR DE LA NUIT [Dead of Night) d’Alberto Cavalcanti puis MAGIC (1978) de Richard Attenborough et ainsi que le faisait déjà Browning dans THE UNHOLY THREE en 1925.

    LE CRIME DU DOCTEUR CRESPI
    présente un simple intérêt historique à cause de sa revendication un peu abusive concernant THE PREMATURE BURIAL d’une part, à cause de la séquence, par moments filmée comme vision subjective, d’enterrement : une de plus à ajouter à celle déjà imaginée par Dreyer en 1930, par Renato Polselli en 1960, par Corman dans son adaptation en scope-couleurs si originale de THE PREMATURE BURIAL [L’Enterré vivant] en 1962 ressorti en DVD zone 2 PAL dans la belle collection Roger Corman de Sidonis.

    THE LADY AND THE MONSTER
    [titre belge d’exploitation : La Femme et le monstre / inédit en France au cinéma]
    a été renié par Curt Siodmak.
    Je ne résiste pas au plaisir de citer l’extrait de son entretien avec Stéphane Bourgoin paru dans un numéro de la revue Polar, éditions Rivages, Paris 1995 :
    “… J’ai vendu la première version à Herbert [J.] Yates, de Republic [Pictures] pour 1.900 $. Il m’a appelé un jour pour me dire que j’étais fou : un savant comme celui de mon roman ne vit pas dans une maison, mais dans un château ! Alors il a construit ce maudit château et von Stroheim put y errer comme une chauve-souris. Yates plaça sa patineuse de petite amie, Vera Ralston, et intitula le film THE LADY AND THE MONSTER. Là-dessus, je laissais tout tomber, puisque je devais, au départ, également réaliser le film, et que je n’ai jamais vu, ou voulu voir cette adaptation…”
    Siodmak est plus élogieux concernant la seconde version postérieure intitulée THE BRAIN, et pour la troisième HAUSER’S MEMORY.
    Rien à sauver à mon avis à part la photo de John Alton moins à l’aise ici que chez Joseph H. Lewis ou que chez Antony Mann.

    THE MASK OF DIIJON [Le Masque de Dijon]
    est aussi bon et bien construit que cet autre classique du cinéma fantastique signé Landers, son plus ancien THE RAVEN (1935)se revendiquant du poème de Poe, avec Bela Lugosi et Boris Karloff. Simplement, en dépit de Stroheim, THE MASK OF DIIJON est moins frénétique, moins délirant sur le plan du scénario comme sur le plan de la mise en scène, que THE RAVEN. Mais il demeure un bon film fantastique, authentiquement et régulièrement surréaliste. Notons que le titre d’exploitation français d’époque est un contresens, voire un non-sens par lui-même, que les Surréalistes ont dû apprécier en connaisseurs. Landers a également réalisé un RETURN OF THE VAMPIRE (1943) que Sabatier estimait, après vision, proche de THE RAVEN. A quand une réédition qui serait aujourd’hui une redécouverte puisque ce troisième titre est invisible en France depuis longtemps ?

    Comme d’habitude, travail exemplaire de documentation rassemblé par Artus : l’exemple de ce qu’il faut faire.

    1. Précisions variées à propos d’Erich Von Stroheim
      Je complète ma référence à THE UNHOLY THREE – relativement à THE GREAT GABBO supra – en précisant qu’il s’agit de LE CLUB DES TROIS (1925) de Tod Browning avec Lon Chaney dans le rôle du professeur Echo.

      THE BRAIN que j’ai cité est connu aussi comme DONOVAN’S BRAIN (ce second titre étant homonyme parfait du titre du roman de Curt Siodmak,donc) réalisé par Felix Feist, apparemment inédit au cinéma en France. HAUSER’S MEMORY, la troisième version adaptée du roman de Curt Siodmak, avec David McCallum qui y était excellent selon Siodmak lui-même, a été présentée à une Convention parisienne du cinéma fantastique (celle de 1972 ou de 1973 si ma mémoire est bonne ? Je me souviens en avoir lu un compte-rendu par le défunt Pierre Girès dans un ECRAN FANTASTIQUE hors-série de 1973 “Spécial festivals fantastiques” qui était vendu avec des lunettes rouge et vertes permettant de contempler quelques pages en relief incluse dans le magazine) mais je ne suis pas certain que ce film ait été exploité en France par la suite. Ce qui en somme aboutirait à ce paradoxe que l’un des best-sellers de la littérature américaine de SF + série noire / série blème du XXe siècle aurait connu trois adaptations cinématographiques toutes demeurées inédites au cinéma en France alors que le livre y fut traduit et édité dans deux collections prestigieuses. “Habent sua fata libelli…” comme dit l’autre.

      Sur Stroheim acteur, je suis d’accord avec Mathis concernant l’ambivalence dialectique (profondément browningienne) entre réel et imaginaire qui marque aussi bien les jeux de Chaney que de Stroheim.
      D’ailleurs, j’en veux pour preuve un fait souvent oublié lorsqu’on parle de l’un ou de l’autre, qu’on évoque leurs filmographies respectives : la collaboration d’Eric von Stroheim au scénario de THE DEVIL DOLL [Les Poupées du diable] (USA 1936) de Tod Browning.

      En France, Stroheim est curieusement assimilé à un réaliste ou à un acteur de répertoire théâtral monolithique à cause de LA GRANDE ILLUSION, de MACAO, L’ENFER DU JEU [*] : ce coffret Artus Films consacré à un Stroheim acteur de cinéma fantastique a le grand mérite de prouver que son réalisme fut sous-tendu d’une vision authentiquement démiurgique, démoniaque au sens romantique allemand puis expressionniste allemand. Comme Sabatier l’avait déjà vu, son réalisme se situait davantage du côté de Goya et de Bosch que du côté de Jean Renoir ! Du coup, on demande aussi à découvrir son rôle dans la tardive version de ALRAUNE [La Mandragore]d’Arthur Maria Rabenalt, d’après Hans Heinz Ewers. il faudrait d’ailleurs songer à un coffret ALRAUNE / MANDRAGORE tant il y a eu de versions de cette nouvelle d’Ewers.

      NOTE
      [*] Où Stroheim utilise un magnifique pistolet semi + full-automatique allemand Mauser C96 “Artillerie” 9mm Parabellum à canon rallongé et crosse amovible qu’on reverra des dizaines d’années plus tard non plus à Macao mais à Londres aux mains d’Oliver Reed dans l’excellent THE SITTING TARGET [La Cible hurlante] de Douglas Hickox.

      1. Précisions variées à propos d’Erich Von Stroheim
        Oui, encore que cette remarque, sur la théâtralité, concernant le jeu de Stroheim, qui pourrait aller au film de Renoir, ne va pas à “Macao l’enfer du jeu”, véritable chef-d’oeuvre (s’il faut retenir un film de Delannoy c’est celui-là) où le jeu de Balin, Hayakawa, Stroheim, est d’une finesse rare. Lorsqu’elle demande : vous collectionnez aussi les femmes, dans la cabine, ils murmurent plus qu’ils ne parlent… tout au long du film. Lorsque Robert Hossein le poignarde dans “Série noire” de Pierre Foucaud, il susurre… encore un “pourquoi”… il est à la limite du non joué au niveau du dialogue, idem dans “Les Disparus de Saint-Agil”, “Moi, je fais peur aux enfants ?”… Aucune déclamation, jamais. Gabin est un des rares à parler aussi avec douceur, à cette époque. Depuis… on ne voit plus ça !
        Pour ce qui est du film de A.M. Rabenalt, “La Mandragore”, on est davantage dans le “classique”…

        1. Précisions variées à propos d’Erich Von Stroheim
          En revoyant hier THE RAVEN [Le Corbeau] (USA 1935)signé Louis Friedlander – alors que THE MASK OF DIIJON sera signé de son pseudonyme “Lew Landers”, ce qui mérite d’être noté – je me disais que Bela Lugosi à qui Artus a consacré un magnifique coffret (contenant notamment le génial WHITE ZOMBIE (Les Morts-vivants] (USA 1932)de Victor Halperin et le très rare et savoureux VOODOO MAN (inédit en France au cinéma](USA 1944) de William Beaudine, je me disais qu’on pouvait placer Lugosi du côté de Chaney, sinon du côté de Stroheim, concernant leur réelle présence.

          Je n’ai pas revu MACAO L’ENFER DU JEU depuis que Brion l’avait programmé au Cinéma de Minuit, donc il y a très longtemps. Mais je me souviens que le film m’avait plu dans l’ensemble. Il faut dire que tout ce qui concerne l’Asie – qu’il s’agisse de la période coloniale ou non – me plaît d’une manière inconditionnelle, en règle générale. Le film avait un aspect Sternbergien évident, en tout cas.

          Concernant la voix douce de Stroheim, rarement entendue depuis au cinéma… eh bien il me semble qu’il y a un cinéaste chez qui les acteurs parlent comme ça, doucement : c’est Jacques Tourneur, bien sûr…

    2. Magnificence d’Erich Von Stroheim
      The Crime of Doctor Crespi / Premature Burial

      …. et par la très belle scène d’enterrement (d’Helga Line) forêt dénudée hivernale autour – en noir et blanc, vitrage du cercueil, du “Manoir de la terreur” de Martin Herbert (Alberto di Martino), abusivement (encore) revendiqué d’après E. Poe.

  2. Magnificence d’Erich Von Stroheim
    LE MASQUE DE DIJON au Sélect (8 av. de Clichy)du 20 au 26 juillet 1949. vf. Perman. 14h à 24h. Places 75 à 95 francs.

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