Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

Intelligence sans service

Publié le 26 octobre 2012 par

Sur fond de crise, le gouvernement n’a toujours pas encore trouvé des mesures fortes en matière d’intelligence économique. Concept obtus ?

harbulot.jpg «  Quel second souffle pour l’intelligence économique (IE) ?  » C’est la question posée par l’Ecole de Guerre Economique, c’est son nom, dans les actes de la journée nationale dédiée justement à l’IE, qu’elle a organisé le 28 juin dernier. Après vingt années d’un cheminement incertain, l’IE pénètre peu à peu le monde de l’entreprise française. La perte de compétitivité de notre tissu économique et les mauvais résultats endémiques du commerce extérieur créent de facto un climat propice à l’émergence d’une réflexion sur la manière de mieux affronter la concurrence. Plusieurs groupes du Cac 40 ont décidé de revoir leur management interne de l’information et de se montrer beaucoup plus combatifs qu’ils ne l’étaient déjà sur les marchés à conquérir à l’étranger.

Pour certains industriels, c’est en train de devenir une question de survie. Les Etats-Unis sont les premiers à donner l’exemple en prenant des mesures protectionnistes pour contrer les Chinois dans leur prédation sur leur industrie solaire. Cette riposte vise à sauver ce qui peut l’être d’une des composantes de l’économie verte sur laquelle les économies occidentales misent pour se redéployer. La commission de Bruxelles a dû mettre un voile pudique sur son orthodoxie libérale et a lancé début septembre une enquête antidumping contre la Chine visant sa production de panneaux solaires subventionnés. Cette frappe chirurgicale est un premier test dans la partie de bras de fer qui oppose la Chine aux économies américaines et européennes. François Hollande, candidat aux primaires socialistes, avait semblé lancer une flèche dans cette direction en citant la Chine.

Mais depuis la campagne électorale, plus de son, ni d’image. Du côté de l’appareil d’Etat, l’intelligence économique est au point mort, ou presque. Le successeur d’Olivier Buquen, ce proche de Brice Hortefeux qui est le délégué interministériel à l’intelligence économique nommé sous la présidence de Nicolas Sarkozy, n’est toujours pas encore désigné. Certes la ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, a confié le 20 septembre une mission à une personne reconnue dans le domaine, Claude Revel, sur le développement de l’influence française en matière de normes. Par cette décision, elle comblait un retard de vingt ans puisque le problème fut évoqué au début des années 90 sous Edith Cresson, premier Ministre. Cette dernière ne disposa pas du temps nécessaire pour mettre en œuvre les ripostes adéquates. Et pourtant, les stratégies d’influence étrangères damaient déjà le pion à certaines de nos entreprises au cœur même de l’Europe.

Certains se demandent si les gouvernants actuels ont bien compris que l’intelligence économique n’était pas cette activité bizarre que la haute administration reflue systématiquement du bout du pied au bout du couloir et dans le meilleur des cas comme un palliatif défensif de plus. C’est une arme de guerre économique qui ne sert pas qu’à défendre mais qui doit nous permettre de gagner des marchés. Gagner, ce verbe n’est politiquement correct que dans le sport, on dirait.

C’est de cette guerre sourde, compliquée et rusée mais bien réelle et franchement brutale que je me propose de vous entretenir dans cette chronique.

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