Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

Guy.Birenbaum at dépression.fr

Publié le 11 juin 2015 par

influenceurs_250.gif Politique. Dans son témoignage, Vous m’avez manqué (Ed. des Arènes), il nomme le mal qui l’a rongé, un burn-it plutôt qu’un burn out, car cette dépression l’a littéralement brûlé de l’intérieur. Guy Birenbaum (1961), universitaire en rupture de ban, politologue, éditeur à succès est devenu l’un des blogueurs les plus actifs, et historiques, de la Toile. L’un des rares à avoir pu monétiser ses opinions numérisées. Alors quand la dépression englue le jeune cinquantenaire, c’est une partie de l’ e-France qui se retrouve comme lui en dépression.

Le récit de sa chute, de sa convalescence et de son rétablissement cabossé est tour à tour de grande banalité, immodeste, poétique, à vous déchiqueter le coeur, réflexif, beau tchatcheur. Le livre à ciel ouvert de ce dépressif se fait bien plus précis et impudique que n’importe quelle surexposition FB, que n’importe quelle faribole tweetée ou grossesse nerveuse buzzée. Et lorsque l’on arrive à l’os de l’histoire, c’est franchement passionnant.

Le livre à ciel ouvert de ce dépressif se fait bien plus précis et impudique que n’importe quelle surexposition FB, que n’importe quelle faribole tweetée ou grossesse nerveuse buzzée.

birenbaum-superman.jpgVoilà des années que le pit bull tournait autour de son pot-au-noir : son histoire familiale et sa survie extraordinaire, la résistance, et depuis les années 1990, le vivre ensemble qui part en sucette. Et puis, depuis quelques mois déjà, l’antisémitisme s’est déversé ras-bord sur Internet et l’a fusillé en permanence. En 2015, les insultes antisémites des années 30 sont fashion et de moins en moins cool. Tout cela alors publiciste survitaminé aux avant-postes de l’expression publique, le ronge, le dévaste même comme l’a tourmenté, sapé son roman familial. L’auteur sur le carreau a fini par ouvrir son mal et sa malle, restituer les parcours extraordinaires et héroïques de ses parents juifs sous l’Occupation, faire la paix avec ses cicatrices, brider ses démons. Depuis ce qu’il a transformé en expérience, il anime une chronique au petit matin sur France Info et a repris le chemin du blog en mode (relativement) modéré.

Dans quelques années, la bio souffreteuse et un brin people se bonifiera en document saisissant de la mentalité française des années 2010, mais aussi en petit précis d’anthropologie à l’heure et à l’épreuve des réseaux. Heureusement pour lui, Birenbaum s’en sort bien mieux que la dépression française qui lui serait conjointe: un ulcère géant, une irritation à fleur de peau mais certainement pas comme lui, une mise sous anxiolytique avec un psychanalyste génial à son chevet qui lui indiquerait de nouveau un cap vital.

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