Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

Des juifs dans le communisme

Publié le 28 décembre 2020 par

L’idée : À travers des récits parentaux, raconter la relation entre judaïsme et communisme au XXe siècle.

HISTOIRE. Ces deux ouvrages ont en commun de toucher à un élément central dans l’histoire du XXe siècle, la relation entre judaïsme et communisme. Ces liens sont double, à la fois porteurs d’un message émancipateur pour les Juifs qui ont rejoint cette cause mais aussi source d’oppression lorsque la stratégie du pouvoir communiste l’a jugé nécessaire.
Deux destins et de types de narrations différentes mais qui éclairent de leur petite lueur, ce phénomène majeur.

juifs2.jpg Alexandre Thabor (né en 1928) restitue ses discussions avec son père Sioma Thabor, un Odessite qui a vu le jour en 1904. Dans cette ville, l’empreinte juive a été immortalisée par les contes et récits d’Isaac Babel. Dans les années 1920, Sioma se familiarise avec le mouvement révolutionnaire russe, dont les contours sont encore flous. L’activité principale des groupes révolutionnaires auquel il participe, se définit par la lutte contre les groupes antisémites des « cents noirs ». Arrive la prise du pouvoir par les bolcheviques, la révolution qu’ils conduisent fascine. Après la Russie, suit le départ pour la Palestine sous mandat britannique, Sioma, comme beaucoup de kominterniens, voire d’agents du GRU, les services de renseignement de l’armée rouge, rejoint Poalé Sion, le groupe sioniste socialiste. Au début des années 1930, il adhère au Parti communiste de Palestine, avant de rompre en raison de sa politique trop pro-arabe. Son fils Alexandre nait en 1928. Paradoxalement, Sioma se retrouve dans les Brigades internationales et combat dans les ruines de la cité universitaire. Il y croise les sbires du NKVD qui éliminent toutes formes d’opposition. Après la Retirada, Sioma réussit à s’échapper du Vernet et se retrouve en URSS où il travaille pour le Comité juif antifasciste avant de réussir à retourner en Palestine puis à Paris. Le livre est passionnant dans son écriture et dans l’histoire racontée, mais il mélange trop les statuts, entre biographies et autobiographies, mise en perspective historique et échanges familiaux, ce qui peut laisser le lecteur perplexe. Quelle est la réalité du propos ? Que faut-il en retenir et transmettre ? Les informations proposées ne pouvant être vérifiées, on infuse dans le récit légendaire. Mais n’est pas Isaac Babel qui veut.

juifs.jpg Alexandra Subrémon (née en 1947), qui a passé une longue partie de sa carrière de fonctionnaire à la Communauté européenne, est fille de juifs communistes polonais. Son livre est celui d’une fille qui découvrant des documents familiaux, réalise le poids du silence parental et d’une tragédie historique. Ses parents ont survécu dans le ghetto de Varsovie entre 1940 et 1943, et son père a tenu deux journaux dont l’autrice publie des extraits. Le premier porte sur la période 1940-1943 et la survie dans le ghetto de Varsovie et l’autre est consacré à la vie dans la Pologne communiste de l’après guerre. Dans la première partie, elle cite longuement le journal expliquant la mise en place du ghetto, les mesures d’exclusion, les rafles. Le journal s’interrompt sans que l’on sache pourquoi. Un deuxième cahier est tenu à partir de 1945. La famille est proche des milieux dirigeants et des organes de police. Avec une naïveté déconcertante, elle analyse la proximité son père, qui approuve la politique soviétique sans rien savoir des organes de sécurité. Il bénéficie des avantages du régime sans s’étonner de cette différence avec les autres survivants. Cette phase n’a qu’un temps, à partir de 1949, il subit comme dans l’ensemble des pays de l’Est, les contre-coups des « procès anti-cosmopolites », puis de nouveau en 1967. Leur fille Alexandra sera exfiltrée en France pour plus de sûreté. L’annotation et la publication partielle du journal laissent, là aussi, le lecteur sur sa faim.
5_pin_s-unpeudecu_120dpi.jpg Les aventures extraordinaires d’un juif révolutionnaire, Alexandre Thabor, Temps présent éditions, 322 p., 24 €. Paru septembre 2020.
Juifs en Pologne. Quand la Pologne a cessé d’être une terre d’accueil , Alexandra Subrémon, Bord de l’eau, 210 p., 20 €. Paru novembre 2020.

Abonnez-vous ! Partager sur Twitter Partager sur Facebook

Laisser un commentaire

Ce site web utilise ses propres cookies et ceux de tiers pour son bon fonctionnement et à des fins d analyse. En cliquant sur le bouton Accepter, vous acceptez l utilisation de ces technologies et le traitement de vos données à ces fins. Vous pouvez consulter notre politique en matière de cookies.   
Privacidad