Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

Lagence de presse des Idées

#Culture

Le vin est dans la bouteille mais pas seulement !

Publié le 26 février 2021 par

Entretien avec Antonin Iommi-Amunategui, co-auteur du
Glou Guide (Cambourakis), qui lance un site alternatif sur le vin et son environnement, No wine is innocent.


Antonin Iommi-Amunategui aime le vin. Le bon vin issu de vignes cultivées en respectant la terre, la nature et son rythme. Le bon vin élevé avec soin et curiosité par des vigneronnes et des vignerons passionnés qui choisissent de ne rien ajouter au jus des grappes pressées. Antonin Iommi-Amunategui aime donc le vin naturel et celles et ceux qui le font.
Tous les ans, avec ses complices Jérémie Couston et Olivier Grosjean, il propose à tous les amateurs de bons vins un guide décalé et précieux, le Glou Guide (Cambourakis). Mais comme le vin n’est pas seulement dans la bouteille, il a décidé de s’intéresser également à tout ce qui « se trame autour d’elle » à travers un site d’actualités informé et décalé, No wine is innocent. Car le bon vin est aussi une idée. J.-M.L

LES INFLUENCES : Quelle est la ligne éditoriale de No wine is innocent ?
A. I.-A.
Une ligne éditoriale exigeante qui consiste, d’une part, à faire du journalisme (et dans le monde du vin, c’est finalement relativement rare) et, d’autre part, à se saisir de sujets agri/culturels, économiques ou politiques, souvent clivants, parfois complexes, toujours importants ; bref, à faire tout sauf de la com’.
Nous assumons également un parti pris progressiste : la tradition séculaire voire millénaire du vin (hello, les moines du Clos-Vougeot) ne saurait justifier un quelconque conservatisme excessif, parfois réactionnaire. Le monde change, celui du vin aussi ; nous témoignons donc de ces évolutions salutaires, et des obstacles qui ne manquent pas de se dresser sur cette nouvelle route du vin.

D’autres magazines, sites s’intéressent-t-ils ce type de questions ? Quel est le paysage éditorial du vin aujourd’hui ?
A. I.-A. C’est un paysage relativement uniforme, à de rares exceptions près. Le vin renvoie une image encore assez traditionnelle, classique, « terroir », dont la presse spécialisée se fait largement le miroir. Pourtant, un autre monde du vin, plus contemporain, existe.

No wine is innocent se veut un média alternatif dans un milieu qui, dans l’ensemble, a pris l’autoroute du conservatisme.

Fonder un site qui s’intéresse autant au vin qu’au milieu vini-viticole, est-ce un acte militant ?
A. I.-A. Militant, c’est un terme peut-être un peu fort. Mais nous nous intéressons à ce qui bouge, à ce qui change, aux évolutions d’un milieu qui concentre notamment beaucoup d’argent et donc d’intérêts ; cela crée des résistances au changement et, parallèlement, des initiatives intéressantes. C’est un milieu dense et très ambivalent.

Le choix du nom laisse penser que ce milieu n’assume pas forcément sa part d’ombre… Est-ce un milieu fermé, replié sur lui-même ? Règne-t-il une forme d’omerta ?
A. I.-A. Oui, c’est un milieu assez fermé à certains égards. Pour une raison simple : si la plupart des gens aiment boire un coup, pour autant ils et elles ne connaissent pas bien le vin, ses hiérarchies, ses oppositions… Et, de fait, en coulisses, il peut se passer des choses assez peu cathol’hic !

Vous êtes journaliste, éditeur, organisateur de salons du vin, très impliqué dans la création du Syndicat de défense des vins naturels : le site vient-il compléter toutes ces activités en apportant quelque chose de différent ?
A. I.-A. No wine is innocent se veut un média alternatif dans un milieu qui, dans l’ensemble, a pris l’autoroute du conservatisme. Il vient en effet en complément de mes autres casquettes ; le principe étant aussi – surtout – de l’ouvrir à d’autres plumes. Marie-Ève Lacasse, romancière qui a un point de vue exceptionnel sur le vin et son milieu, m’accompagne d’ailleurs depuis le début. On espère pouvoir faire prochainement appel à d’autres contributeurs et contributrices.

Antonin Iommi-Amunategui est journaliste, auteur de livres (dont le Glou Guide), cofondateur de la maison d’édition Nouriturfu et organisateur de salons des vins et des livres (Sous les pavés la vigne et Mi-Livre Mi-Raisin). Crédit Ewa Dyszlewicz.

Quel sera le rythme moyen de parution des articles ?
A. I.-A. Nous publions sur un rythme à minima hebdomadaire, donc pour le moment une ou deux publications par semaine. Ce rythme pouvant s’accélérer si le mouvement prend bien ; notamment si notre campagne de financement nous amène suffisamment de moyens pour faire appel à des collaborations extérieures.

Quelles sont les rubriques qui seront développées ?
A. I.-A. Articles, interviews, podcasts, vidéos… BD, pourquoi pas ? On ne s’interdit aucune forme de contenus, bien au contraire.

Comment sont recrutés les collaborateurs ?
A. I.-A. J’ai la chance de très bien connaître ce milieu et en particulier celles et ceux qui correspondent à ce que nous recherchons, à notre ligne. Ce ne sera donc pas compliqué.

La parution en ligne et pas en papier est-ce un choix stratégique ou avant tout financier ?
A. I.-A. Oui, c’est un choix pratique et cela correspond à l’ADN de No wine is innocent, né sur le pure player Rue89 à l’origine.

Pourquoi avoir quitté Rue89 ? La promesse de visibilité n’était-elle pas au rendez-vous ? Quelle était l’audience du site à l’époque ? 
A. I.-A.
Lorsque Rue89 a été englobé par L’Obs, le blog n’avait plus lieu d’être ; il n’y avait pas de blog sur L’Obs, donc c’était fini, de fait. L’audience, à l’époque de Rue89, était excellente. Être adossé à un média généraliste est une force.

Quel est le modèle économique ? L’accès sera-t-il payant ?
A. I.-A. Pour le moment, nous avons lancé une campagne de financement via Tipeee (https://fr.tipeee.com/nowineisinnocent). À moyen terme, nous envisageons de créer une version abonnés, type premium, avec une partie des contenus réservée.

Comment rémunérer les pigistes ? financer les enquêtes ?
A. I.-A. D’abord, grâce à ce « Tipeee ». Ensuite, grâce aux futurs abonnés. Bien sûr, il faut d’abord que la mayonnaise prenne !

No wine is innocent : à consulter sans modération !

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