Influences : n.f.
  1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
  2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
  3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

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#Politique

Dépensez, il en restera toujours plus !

Publié le 25 octobre 2021 par

L’idée : prendre le contre-pied de la diète libérale sur les soi-disant excès du secteur public, comme les économistes Liêm Hoang-Ngoc et Bruno Tinel s’y exercent dans leur essai Vive la dépense publique (H&O).


#SUR-LA-PILE

#2022 #SocialDemocratie #Dépense-publique

On les croyait morts et enterrés depuis une dizaine d’années, et voilà que les économistes de la social-démocratie relèvent la tête. Gestion étatique du Covid-19 ici, mandat keynésien de Jo Biden (triple plan de relance de 300 à 600 milliards de dollars) là, et retour gagnant au pouvoir de ce foyer d’idées en Norvège, Suède, Finlande, Danemark, en attendant sans doute l’Allemagne,  obligent. L’air du temps façonne une envie de solidarité, de protection et de bien commun. Les essayistes Liêm Hoang-Ngoc, ex-eurodéputé PS, maître de conférences en sciences éco, et soutien du candidat Arnaud Montebourg, et Bruno Tinel, son collègue à Paris 1, se livrent à un plaidoyer d’un nouveau « green deal » à l’échelle européenne, ainsi qu’à la défense et illustration des possibilités d’un État fort.

C’est dans l’ADN français : «  La dépense publique est plus importante dans notre pays qu’ailleurs en raison de l’attachement des Français à un modèle social faisant la part belle à la sécurité sociale et aux services publics », rappellent-ils. Et de contester et démanteler l’indicateur « repoussoir » de 57% des dépenses publiques dans le PIB. Une fake news et un biais libéral de confirmation qui perdure, et que les auteurs ici disputent, proposant une scientificité et une approche anthropologique (bien-être) et économique différentes. L’INSEE, Eurostat et l’OCDE en prennent pour leur grade. Ils avancent eux le pourcentage de 27% du PIB, et montrent tous les avantages qu’en tirent une nation et aussi le marché. Hoang-Ngoc et Tinel expliquent comment bien au contraire, les politiques d’austérité ont contribué à la montée des taux d’endettement public. « Pour prévenir les récessions et financer la transition vers un nouveau modèle de développement, la dette publique n’est pas le problème, mais la solution pour mobiliser l’épargne en faveur de l’intérêt général. Elle est productive dès lors qu’elle finance des dépenses préparant l’avenir. » La théorie du ruissellement, elle, n’a fait que raviner toujours plus d’inégalités, et s’avère impuissante à tendre vers un modèle de développement ambitieux et plus sobre en carbone.

Bien écrit, clair, charpenté, l’essai veut prendre le contre-pied de quelques idées reçues et ouvrir un débat que ses auteurs estiment verrouillé en France depuis une quarantaine d’années.  Rien de nouveau, mais les piqûres de rappel sont de saison, y compris dans le domaine des idées politiques et celui de la recherche.

Vive la dépense publique, Liêm Hoang-Ngoc et Bruno Tinel, H&O. 160 p., 14 €. Paru 13 octobre 2021.

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