Influences : n.f.
1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

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Fariba Adelkhah, toujours « prisonnière scientifique » à Téhéran

Publié le 7 février 2022 par

L’idée : la chercheuse franco-iranienne, condamnée à 6 ans de prison par la justice iranienne, a été accusée de ne pas respecter les limites autorisées par son bracelet électronique et réincarcérée.


Le livre de soutien rédigé en mai 2020 par un collectif de chercheurs. Depuis Roland Marchal a été libéré.

Incarcéré depuis 18 mois, le Français Benjamin Brière a été condamné le 24 janvier dernier à 8 ans et 8 mois de prison pour « espionnage » et « propagande » contre la République islamique d’Iran. Incriminées : ses photos et l’utilisation d’un drone de loisir, en mai 2020, dans le nord-est de l’Iran, près de la frontière avec le Turkménistan. Une seconde Française croupit en prison depuis 2019. Accusée de fumeuses « atteintes à la sécurité de l’État », l’anthropologue au CERI-Sciences po Paris, Fariba Adelkhah, « prisonnière scientifique » selon l’expression de son comité de défense, est retenue à Téhéran depuis le 5 juin 2019. Et son régime s’est aggravé à la mi-janvier : elle a réintégré le quartier des femmes de la prison d’Evin mi-janvier. Motif : elle aurait outrepassé la limite des 300 mètres autour de sa résidence que lui assigne son bracelet électronique.

Tout indique que son renvoi en prison est une décision politique.

Son compagnon, le chercheur CNRS Roland Marchal, avait été libéré, lui, en mars 2020. Troqué contre un ressortissant iranien à Paris incarcéré à la demande des États-Unis. La chercheuse franco-iranienne (les autorités iraniennes ne reconnaissent pas la double nationalité) a été condamnée le 16 mai 2020 par la 15e chambre du tribunal de Téhéran à la peine maximale de six ans de prison. Au pénitencier d’Evin, « pour [sa] survie ou pour vaincre l’ennui », elle s’est mise à concevoir des collages à l’aide de chutes de cuir et de bois. Son comité a publié en décembre 2020 un e-book de ses créations et de son témoignage carcéral : « À Evin la vie continue ».Elle avait finalement pu bénéficier en octobre du régime de la résidence surveillée. « Le dysfonctionnement de son bracelet électronique avait été signalé, et ce type d’appareil n’est pas précis à la centaine de mètres près. Les manquements reprochés à l’anthropologue sont mensongers et souvent invraisemblables. Tout indique que son renvoi en prison – le raccourcissement de la procédure, l’absence de tout avertissement préalable en bonne et due forme, en bref la précipitation – est une décision politique prise pour des raisons obscures par des acteurs qui ne disent pas leur nom », fustigent ses soutiens dans une tribune (18/01/2022) publiée en Suisse par Le Temps.

Brière et Adelkhah, des pions, utiles à l’occasion, dans la partie d’échecs sur le dossier nucléaire iranien, entre Téhéran et les Occidentaux.


https://faribaroland.hypotheses.org/

Pour Fariba Adelkhah et Roland Marchal, chercheurs en péril, Les Presses de Sciences po, 112 p., 8 €. Mai 2020.

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