Influences : n.f.
  1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
  2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
  3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

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Un anthropologue de la chasse au Sénat

Publié le 30 septembre 2022 par

L’Info : quand un rapport d’information sénatorial s’inspire de travaux anthropologiques, proches des théories d’un Philippe Descola, pour proposer une fonction positive du chasseur.


Certes, il aura fait le buzz de septembre : « Un mec bourré sur un vélo, c’est dangereux aussi ». Cette comparaison est la riposte au gros sel très démagogue de Willy Schraen, président de la Fédération nationale des chasseurs. Il contestait ce chiffre publié par des sénateurs : 9% des chasseurs se trouveraient en état d’ébriété ou de toxicomanie lors d’accidents (90 en 2021, dont 8 morts -même si cela est en forte baisse régulière depuis une vingtaine d’années… ). Trente propositions ont été émises, dont un renforcement de la formation des chasseurs. Mais dans le (passionnant) rapport d’information sénatorial, La sécurité : un devoir pour les chasseurs, un devoir de la société (qui était le plus téléchargé en septembre), les rapporteurs Maryse Carrère (RDSE) et Patrick Chaize (LR) s’en réfèrent, entre autres, à la thèse du philosophe ethnologue Charles Stépanoff (Collège de France).
Dans L’animal et la mort. Chasses, modernité et crise du sauvage (La Découverte, 2021), le chercheur forge la notion d’ « égards ajustés ». Elle sert à décrire une relation complexe, aspirant à l’équilibre entre respect, prélèvement des ressources et violence. Haïe par les anti-chasse (84% des Français redoutent de sortir les jours de chasse), la pratique de ce gros million de personnes (en baisse constante depuis 1984 et son pic historique de 2,5 millions d’adhérents) recèlerait pourtant une vertu civilisationnelle. Le Rapport : « Charles Stépanoff relève pour sa part la proximité des chasseurs et des paysans avec la terre et les situe aux avant-postes de la crise écologique qui s’intensifie du fait notamment de l’effondrement des populations de petit gibier. Il conclut son livre en expliquant que leurs modes de vie peuvent permettre à l’homme occidental de trouver une voie pour échapper au dualiste protection-exploitation du vivant afin ‘’ d’habiter le vivant et de s’en nourrir dans une relation d’incorporation consubstantielle qui n’est pas univoque’’, c’est-à-dire en prenant conscience de son interdépendance matérielle et spirituelle avec la nature. » Bref, on est très proche des thèses d’un Philippe Descola, ou de la figure romanesque de Raboliot, le braconnier de Sologne si bien intégré à son biotope et très loin du sketch des Inconnus, ou des sorties éléphantesques d’un Willy Schraen.

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