Camarade Jean-Luc

Le 3 octobre 2020, par Sylvain Boulouque

Deux mauvais livres d’enquête qui nourrissent à peu de frais l’appétit victimaire de Jean-Luc Mélenchon, fondateur de La France Insoumise.

#Politique

À GAUCHE. L’intéressé et son entourage pourront toujours protester contre ce nouveau « Mélenchon bashing » : deux enquêtes plutôt à très lourdes charges viennent s’en prendre à La France insoumise et à son effacement mais aussi à la responsabilité de son principal représentant dans la crise actuelle du mouvement.

Un homme sous influence, enquête sur Jean-Luc Mélenchon, Fréderic Charpier, Grasset, 328 p. 22 €.

Dans Un homme sous influence, Le journaliste d’enquête Frédéric Charpier veut montrer que Mélenchon est vampirisé par l’expérience bolivarienne. Les contacts entre le fondateur du Parti de Gauche et le président vénézuélien Hugo Chavez (décédé en 2013) étaient un secret de polichinelle au point qu’ils furent revendiqués par les intéressés eux-mêmes, dans la tradition nourrie des contacts de la gauche française avec la gauche latino américaine – démocratique ou révolutionnaire – qui remonte aux années 1960. Charpier trace les relations mélanchoniennes entre Caracas et Paris pour en conclure que Mélenchon est parasité par le « bolivarisme », alors qu’il partage plutôt les mêmes vues.

Mélenchon : la chute. Comment la France insoumise s’est effondrée, Hadrien Mathoux, Le Rocher, 318 p. 20,90 €.

Dans une approche plus large, le journaliste du service politique Marianne Hadrien Mathoux reprise les principaux articles publiés dans son journal depuis trois ans pour raconter le déclin de La FI, passée d’un score enviable à l’élection présidentielle de 2017 à des résultats plus que mitigés aux élections suivantes. L’effondrement serait lié à la politique conduite par le dirigeant insoumis pris entre une dérive autocratique et un splendide isolement, refusant toute clarification du discours en raison de la nature même de son mouvement. On constatera qu’une crise analogue avait traversé le Front de gauche entre 2010 et 2011, sa transformation lui ayant permis un rebond.
Il aurait été peut être plus intéressant de comprendre pourquoi La France insoumise est traversée par de tels vents contraires plutôt que de procéder à une mise en accusation dont les intéressés auront beau jeu de repousser les attaques en expliquant qu’elles ne reposent sur aucun fondement sérieux.




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