Denis Olivennes : « La France a perdu l’idée du progrès »

Le 12 juillet 2020

Comme une conclusion provisoire à son essai publié en 2019, Le délicieux malheur français (Albin Michel), l’essayiste et nouveau DG de Libération, Denis Olivennes, commente les effets de la pandémie sur le modèle social français.

CRASH-TEST. À l’épreuve de la pandémie, votre démonstration sur un modèle social français a t-elle perdu de son acuité ?

DENIS OLIVENNES : « Il me semble que la Covid-19 a tragiquement testé toutes les facettes du modèle français que je décris dans mon livre, le meilleur comme le pire. Je ne mets pas en cause les vertus de ce modèle qui ont constitué un facteur de protection contre la crise et nous éloigne d’un scénario social type Raisins de la colère. Ceux qui dénoncent la France comme un méchant système néolibéral en sont pour leurs frais. Les ultralibéraux blêmissent, eux, devant un niveau d’engagement public de haut niveau qui dépasse celui de nos voisins. Mais pour ce qui concerne l’efficacité réelle du modèle, on a bien vu, une fois de plus, qu’il n’était pas au rendez-vous. Alors que le niveau de financement de la santé en Allemagne est équivalent à celui de la France, on y a constaté une réelle efficacité, alors que nous nous débattions dans la pénurie de masques, de surblouses et de respirateurs.

Avec les mêmes dépenses, les Allemands ont plus de médecins et d’infirmières que nous, et mieux payées, mais énorme différence, beaucoup moins d’hôpitaux et des hôpitaux plus grands, donc moins de dépenses d’administration. Ce qui m’a le plus frappé est le consensus et l’adhésion de la société allemande beaucoup plus nette aux décisions politiques. Le gouvernement français a même suscité plus de méfiance que ceux de l’Espagne et de l’Italie, pourtant en plus mauvaise posture. Ici, l’inefficience étatique nourrit la défiance politique. » Il reste 70% de l’article à lire dans Le Caoua des idées n°1.

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