Fukushima : désobéir aux machines

Le 14 mars 2019

L’idée : Le drame nucléaire aurait pu s’emballer encore plus, si son directeur n’avait pas suivi ses intuitions et sentiments.

Franck Guarnieri et Sébastien Travadel, Un récit de Fukushima. Le directeur parle, Puf, 208 p., 16 €. Publication : mars 2018.

Société. C’est un « roman technique » selon l’expression des deux auteurs, spécialistes des risques et des crises industrielles à Mines Paris Tech. C’est surtout, un document passionnant et exceptionnel qui glace le sang et nous interroge au plus profond de notre humanité et de notre citoyenneté. L’audition de Masao Yoshida, directeur de la centrale sinistrée de Fukushima Daiichi, ainsi retranscrite et contextualisée, est riche d’enseignement et de questions nouvelles. « Conjonction d’un tsunami et d’un séisme aux dynamiques non observées jusque-là, les événements du 11 mars 2011 ont été intégrés aux projections probabilistes en tant que nouvel horizon de référence de l’impensable  » remarquent les narrateurs.

À la calculabilité et l’ingénierie de tout, a heureusement répondu une transgression individuelle des procédures

Avec l’individu Yoshida, c’est un éclairage anthropologique qui prédomine sur les eaux glacées du calcul techno : son propre récit déroule ces quatre journées de stress et de cauchemars enchaînés, sa sidération, son anéantissement psychologique, puis son combat et celui de son équipe pour « survivre aux machines » qui s’emballent et à la fusion qui menace.
À la calculabilité et l’ingénierie de tout, a répondu une transgression individuelle des procédures édictées. Sans cette attitude humaine, Fukushima aurait connu une méta-catastrophe : l’explosion de la centrale avec des effets considérables et véritablement incalculables.




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