Jean-Claude Lavie : « Il n’obéissait pas aux maîtres, petits et grands »

Le 26 septembre 2020, par Emmanuel Lemieux

Ancien résistant, figure atypique de la psychanalyste, essayiste des rapports amoureux, Jean-Claude Lavie est décédé à presque 100 ans. Son dernier essai, Le sexe dans la bouche (PUF) a paru en septembre.

« Je ne l’ai pas connu, hélas, mais je l’ai beaucoup lu et c’est une personne très très rare, nous indique Cynthia Fleury, philosophe mais aussi psychanalyste. J’ai rarement lu un psy tourner aussi peu autour du pot ! Avec une écriture directe, précise et simple, il tentait de dire vraiment les choses. » Jean-Claude Lavie aurait eu 100 ans le 14 novembre 1920. Il a tiré sa révérence à Paris le 7 juillet après une existence bien remplie, inventive et héroïque. Juif et laïc, enfance proustienne, il a aussi vécu la vie clandestine, fait dérailler les trains dans la résistance auprès du SOE (Special operations executive) la branche action des services secrets britanniques soutenant les Résistants français, puis a poussé son char de la 2e DB du Général Leclerc jusqu’à Berchtesgaden le nid d’aigle d’Hitler. De Lévi en Lavie, il a comme beaucoup de combattants rescapés de sa génération changé son nom pour mieux changer de destin. Depuis il n’en parlait plus, et faisait du trapèze sur le toit-terrasse de son appartement parisien, et surtout de la psychanalyse. Démobilisé, il dévora l’autobiographie de Freud et se passionna dès 1947, pour la discipline. Il entra au Séminaire de Jacques Lacan, le quitta et devait cofonder l’Association psychanalytique de France.

Il reste 60% de cet article à lire dans Le Caoua des idées n°5 (édition du 4 septembre au 10 septembre 2020).

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