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La République contre les prêcheurs de haine et leurs tueurs

Le 20 octobre 2020, par Philippe Liger-Belair

L’assassin du professeur d’histoire Samuel Paty a été armé par un régiment d’irresponsables idéologues.

Vendredi soir, quelques heures seulement après la décapitation de Samuel Paty par un terroriste islamiste à Conflans-Sainte-Honorine, une « étrange veillée nocturne » était improvisée sur les lieux de l’attentat. C’est ainsi que Jean Chichizola, rédacteur en chef adjoint au Figaro décrit ce rassemblement mi-curieux mi-potache de jeunes gens qui ne peuvent s’empêcher de « faire les idiots devant une caméra  ». Puis le journaliste décrit une jeune fille, appelons-la Inès, qui lui demande avec un certain détachement : « Vous voulez voir sa tête ? La photo est sur Twitter » avant de montrer sans grande émotion la preuve horrible, la tête coupée et ensanglantée de son professeur.

La thèse de l’acte isolé, de l’individu radicalisé en quelques jours, et donc de l’impuissance des services de renseignement et des forces de sécurité intérieure ne manque pas d’être instantanément relayée. Les femmes et les hommes politiques qui ont enterré le problème depuis plusieurs décennies se succèdent pour dire leur solidarité et la nécessité d’agir. Et l’on se demande à longueur d’antenne comment empêcher le « terrorisme low cost », celui des individus radicalisés pris d’une haine meurtrière qui passent à l’acte sans signe annonciateur, ce « bon voisin », cet « adolescent sans histoire » ou ce « petit délinquant à la sauvette » que personne n’avait vu venir. « Il n’était pas fiché S  » s’excuse-t-on.

S’arrêter à cette impuissance est hypocrite, la vérité se trouve ailleurs. Abdoulakh Anzorov n’a pas agi seul. Il a été armé par un régiment d’irresponsables idéologues. Et le fait que personne ne s’intéresse vraiment à la gravité du comportement d’Inès montre que le ver est dans le fruit. Rien ne changera et d’autres Samuel Paty seront assassinés si nous n’agissons pas résolument contre tout ce qui conduit une jeune fille de quinze ans à s’amuser de l’horreur absolue. Nous attendons du ministre de l’Intérieur et de ses services qu’ils nous protègent des terroristes ; mais bien en amont de l’acte fou d’un extrémiste religieux, il faut que cesse la banalisation du mal incarnée par Inès qui conduit vers les chemins les plus noirs. Cette même banalisation qui peut pousser des esprits travaillés par l’islamisme à exprimer en actes ce climat de haine contre la France, des « Français » et des « Blancs » comme on s’est habitué à les entendre désignés. Il faut frapper cette convergence des haines au cœur de l’islamisme et de ses alliés objectifs.

Ils sont des milliers à répandre l’idée que la France est raciste, que nos institutions sont encore empreintes du colonialisme, que les frontières sont inhumaines, que la police massacre des populations ciblées.

Abdoulakh Anzorov n’est pas passé à l’acte dans un climat éthéré. Avant d’avoir l’idée de s’armer, de questionner les collégiens sur l’identité du professeur, de l’attraper, de l’égorger et de détacher la tête de son corps, il s’est nourri de discours qu’il est de bon ton de ne pas contredire au risque d’être accusé de racisme ou d’islamophobie. Que n’ai-je pas entendu quand j’ai publié mon dernier article sur le racisme décomplexé des indigénistes (ici) ! « Tu vas encore te faire des amis » « Tu peux oublier la politique avec ces casseroles ». « Tu prends des risques, tu te grilles ». Des associations, des laboratoires universitaires financés sur fonds publics, des professeurs, des journalistes, des starlettes de plateaux télé, des artistes plus ou moins reconnus, des rappeurs téléchargés des centaines de milliers de fois… Ils sont des milliers à répandre l’idée que la France est raciste, que les inégalités explosent et que des populations sont ghettoïsées et laissées à l’abandon, que nos institutions sont encore empreintes du colonialisme, que les frontières sont inhumaines, que la police massacre des populations ciblées. Ils sèment la haine contre la République, ils distillent le doute à propos des valeurs que nous portons, ils comptent les Noirs dans les salles de spectacle (à la dernière cérémonie des Césars), ils réclament des quotas et organisent des « réunions en non-mixité », ils cultivent l’idée que les personnes qu’ils nomment « racisées » ne sont pas en sécurité parmi les « non-racisés ». Faisons cesser toutes ces attaques contre notre unité. Soyons fiers de la France championne du monde des prélèvements obligatoires au profit d’un système parmi les plus redistributifs dans le monde, de notre système de santé universel, de l’école gratuite et de qualité, des dizaines de milliards investis chaque année dans les territoires défavorisés, de l’action de notre pays pour la paix au Mali, des centaines de milliers de bénévoles engagés chaque année dans des actions caritatives qui ne regardent ni la couleur de peau ni la langue ni l’origine des bénéficiaires.

À cause d’une conception naïve de la tolérance, la France reste paralysée face aux discours des islamistes et des racistes indigénistes.

Il nous est difficile d’agir contre les Abdoulakh Anzorov, Mohamed Mehra ou Salah Abdeslam. C’est aux renseignements intérieurs et aux forces de police de faire leur possible pour les empêcher de passer à l’acte. Mais Inès, nous la croisons tous les jours et nous laissons faire ceux qui pourrissent son esprit. Combien d’associations bénéficient encore de financements publics pour dire toute leur haine contre la main qui les nourrit ? Combien d’hommes et de femmes politiques défilent aux côtés des islamistes lors des marches honteuses du comité Adama où l’on scande sans retenue les slogans contre nos institutions ? Combien de comptes Twitter répandent l’idéologie salafiste ? Pourquoi a-t-il fallu attendre des mois avant que la justice poursuive Freeze Corleone qui fait l’apologie du nazisme dans ses clips ? Pourquoi une certaine gauche a-t-elle continué de donner des excuses à Mehdi Meklat quand son antisémitisme fut révélé après plusieurs couvertures des Inrockuptibles ? À cause d’une conception naïve de la tolérance, la France reste paralysée face aux discours des islamistes et des racistes indigénistes au prétexte d’une histoire coloniale débitrice. Trop longtemps ils ont été laissés libres de répandre leur discours qui nourrit le terrorisme et la culture de l’impunité. Ne laissons plus notre République s’affaiblir. Ne laissons pas Inès sans contre-discours ni sanction quand elle participe à tourner en dérision l’image de son professeur assassiné.

Pour Samuel Paty, pour les dizaines et les centaines de victimes en France depuis janvier 2015, luttons contre cette convergence des haines qui arme et pourrit les esprits.




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