Le guet-apens à l’arme lourde qui visait une voiture de police à La Courneuve dans la nuit du 16 au 17 mai n’est-elle qu’une anecdote spectaculaire ?

Le 21 mai 2009

#Kalachnikov #Nicolas Sarkozy #Police #Violences urbaines
Christophe Guilluy

1. UN RETOUR AU REEL : « Cette question permet de revenir aux fondamentaux de la question des "quartiers sensibles". "Sensibles" car (on l’oublie souvent) concentrant violences urbaines et délinquance. On pourrait évoquer le lien entre politique de la ville et violences. C’est à noter, tous les plans de relance ont été initiés par des faits de violences : ce n’est pas le constat social ou urbain qui a engagé l’action des pouvoirs publics. Les discours sur la ville, l’urbanisme et la question sociale dans les banlieues ont été construit a posteriori...

La fusillade de La Courneuve nous permet donc de revenir au "REEL" : ce fait divers rappelle une chose très simple, peut être oublié par les discours grandiloquents sur "la ville" et "le vivre ensemble" ou "l’architecture criminogène".
La réalité est plus prosaïque. En général, les "gens" ne souhaitent pas vivre à côté "d’autres gens" qui utilisent parfois des Kalachnikov pour régler leur problème. C’est rationnel. Ces mêmes "gens" ne souhaitent pas scolariser leurs enfants dans des collèges parce qu’ils seraient
susceptibles d’accueillir des adolescents ultra violents ? C’est rationnel.

Au passage, notons que cette question de la délinquance est un des moteurs les plus actifs du séparatisme à l’oeuvre en milieu populaire.

2. RENOUVELLEMENT : l’évolution de la petite "guerre de territoires a basse tension" (entre délinquants et policiers) entamé il y a 20 ans n’a cessé d’évoluer et de se durcir. .
Il faut la connecter avec l’histoire sociale et démographique de ces quartiers. Ne pas oublier que ces quartiers ont vu leur population se renouveler totalement depuis 20 ans : ce ne sont plus les mêmes pauvres, ni les mêmes jeunes, ni les mêmes immigrés, ni les mêmes émeutiers... Les émeutes des années 80/90 plutôt liées à l’immigration maghrébine, sont différentes de celles de 2005, plutôt liées à l’immigration subsaharienne.

Ces territoires, qui jouent un rôle de sas, ont accueilli des populations de plus en plus précarisées et déconnectées d’un marché de l’emploi de plus en plus haut de gamme dans les métropoles. Cela créé évidemment un "contexte peu favorable".

3. ETHNICISATION : le séparatisme entre catégories populaires a amené l’ethnicisation de ces territoires....et explique aussi (partiellement) une montée de s tensions entre la police et une partie de la population. Celle ci y est parfois perçue comme une force "d’occupation" et "blanche" ...(donc raciste).

4. ECHEC DE LA POLITIQUE DE SÉCURITÉ : cette fusillade enfin est comme un symbole de l’échec constant de Nicolas Sarkozy, du ministère de l’Intérieur à l’Elysée, sur la question de la sécurité. La montée de la violence et surtout des violences aux personnes n’ont pas été enrayées en cinq années. Cet indicateur est le plus important car c’est cette violence qui est la plus sensible. »



Repères :

Lire également :
Notes&Opinions : le séparatisme français
L’Atelier : Les fractures sociales de la gauche française

Christophe Guilluy & Christophe Noyé, Atlas des nouvelles fractures sociales en France, Autrement, (2004).


le 29 septembre 2009

Cette violence est parfois dûe au rejet de la société,aux affrontements avec la police et à l’influence des films. Je ne les cherche pas d’excuse mais chacun a sa part de responsabilité.

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