Les 99 étés d’Edgar Morin

Le 12 juillet 2020

Toast ! Le 8 juillet 2020, le doyen des intellectuels français a fêté son presque siècle. Mais que penser de sa pensée ? Éloge du philosophe François L’Yvonnet et radiographie de son œuvre en 10 livres.

Edgar Morin vient d’avoir 99 ans… Voilà qui nous rajeunit.
Car par l’effet d’un prodige interloquant, à la manière de ce que raconte Platon dans le mythe du Politique, Edgar ne vieillit pas, comme nous tous, qui allons inexorablement de la naissance vers la mort. Avec le cortège des inconvénients d’exister accentués par la succession des ans. Entre ressassement, bougonnement et ressentiment.
Certes, il avance en âge, comme on dit, mais en apparence, seulement. À un moment donné – il faut imaginer, dit la fable platonicienne, « une secousse violente marquant le passage d’un sens à l’autre » - le cycle s’est inversé et Edgar s’est mis à rajeunir. Il suffit de regarder les photos : il était beaucoup plus âgé il y 40 ou 50 ans. Il portait alors les marques du temps. On a même parfois du mal à le reconnaître, comme s’il était quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, au contraire, il semble avoir atteint une sorte de stade étrange, hors temps, quasi pérenne. C’est une impression largement partagée par ceux qui le connaissent d’un peu près.

Pour apprécier sa jeunesse, qui n’est pas seulement d’esprit, mais aussi de désir et d’allant, il suffit encore de le lire. Car la lecture de ses œuvres, des dernières en particulier, montre une intelligence délivrée des retenues de l’âge adulte. De ce qu’il faut dire ou ne pas dire. De ce qu’il faut penser ou ne pas penser. Du terrible encroûtement des idées et des passions.
Heidegger nous invitait à risquer l’aventure d’un pas qui rétrocède. Ce qui suppose d’être capable d’apercevoir les choses à leur état naissant. Au moment où elles adviennent. Lorsque la chrysalide devient papillon. C’est précisément ce qui caractérise l’intelligence morinienne, une disposition à l’émerveillement devant l’extraordinaire créativité de la vie, devant la diversité des êtres, devant les ressources inépuisables de l’imagination, devant la beauté du monde. Il reste 70% de l’article à lire dans Le Caoua des idées n°1.
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