Vous êtes dans Les influences > Commentaire


Envoyer un commentaire


votre commentaire
    texte
vous



Un spécialiste du droit intellectuel épinglé pour… plagiat

dimanche 3 mai 2009, par Emmanuel Lemieux

Bernard Edelman vient d’essuyer une sévère déconvenue. Cet auteur a publié au début de l’année, un très utile Que sais-je ? sur « La propriété littéraire et artistique »(PUF). Son premier essai avait été remarqué en son temps : Le droit saisi par la photographie, éléments pour une théorie marxiste du droit (Maspero, 1973) a recouvré une nouvelle jeunesse chez Flammarion, en 2004. Bref, Bernard Edelman n’a plus rien à prouver en matière d’influence et de compétence sur son secteur.
Mais, Fatalitas !, l’éminent spécialiste du droit intellectuel et ancien maître de conférences de l’ENS, auteur de l’essai Le sacre de l’auteur (Seuil, 2004) s’est fait épingler en 2007 par une autre universitaire, Hélène Maurel-Indart.

Dans son ouvrage Plagiats, les coulisses de l’écriture (La Différence), la professeur de littérature, elle-même spécialiste reconnue des questions d’auteur, repère et analyse sur cinq pages, un emprunt cannibale de Bernard Edelman à la thèse de Laurent Pfister sur l’histoire du droit d’auteur. L’accusé-accusant a été débouté le 14 octobre dernier de sa plainte pour diffamation contre Hélène Maurel-Indart, à qui il réclamait tout de même la coquette somme de 100 000 euros et la suppression des pages incriminées. L’affaire a pris un certain temps car le plaignant lui-même avocat au Barreau de Paris n’a pas le droit de porter une affaire personnelle devant le tribunal de sa circonscription. La plainte a donc été dépaysée devant le TGI de Versailles.

Fait plus original, l’Université François Rabelais de Tours s’est mise également de la partie, en accordant sa haute protection juridique à son enseignante-chercheur. Ce qui s’est avéré un bouclier très efficace.

Le TGI de Versailles s’est prononcé en faveur d’Hélène Maurel-Indart et des éditions de la Différence. D’une part pour « irrégularité de fond » en constatant « le défaut de signature de la requête par un avocat » et d’autre part, en donnant acte à l’auteur de Plagiats, les coulisses de l’écriture, « de son exception d’incompétence de la juridiction judiciaire. » De plus, le malheureux avocat devra payer à son accusatrice et son éditrice, la somme de 1 000 euros.

Le fait-divers digne d’un roman de David Lodge souligne une fois de plus le phénomène du plagiat et du pillage des thèses en milieu universitaire, dans l’omerta la plus parfaite. Ce pillage intellectuel n’est pas une exception française, loin de là : Une universitaire suisse, Michèle Bergadaa, anime un site assez nourri sur le sujet.
La justice n’a pas souhaité être l’arbitre des élégances. La violence en milieu universitaire a de beaux jours devant elle.

www.leplagiat.net
www.responsable.unige.ch