Vous êtes dans Les influences > Commentaire


Envoyer un commentaire


votre commentaire
    texte
vous



Quand Olivier Poivre d’Arvor fait le ministre de sa propagande

samedi 3 mars 2012, par Emmanuel Lemieux

Le Syndicat National des Journalistes de Radio France s’indigne des pratiques opportunistes du directeur de France Culture

Olivier Poivre d’Arvor

Sur France Inter, jeudi 1er mars, le candidat Nicolas Sarkozy interviewé par Patrick Cohen fait croustiller sous la dent un bien bel argument pour éluder les questions sur la nomination des présidents des médias du service public par l’actuel président de la république. Sous contrôle les médias, vraiment ? "Imaginez si un dirigeant d’une radio publique faisait campagne pour moi dans L’Express !" s’amuse franchement le candidat de l’UMP devant des journalistes manifestement embarrassés.

Lire entre les lignes : Olivier Poivre d’Arvor (OPA), actuel directeur de France Culture, qui vient de consacrer une tribune de soutien au candidat François Hollande, dans L’Express de ce même jeudi, réitérant sa thèse pour une "nouvelle donne" en matière de culture.

Des déclarations à Martine Aubry puis à François Hollande, un livre, une tribune dans L’Express : la tentative d’OPA sur le Ministère de la culture

OPA avait bruyamment fait savoir son soutien à Martine Aubry durant les primaires, se vantant au sein même de France Culture, d’une grande proximité "depuis l’enfance" avec la secrétaire générale du PS, puis l’ancien diplomate s’est trouvé rapidement une autre casaque en la personne de François Hollande. Visée : devenir son ministre de la culture. Olivier Poivre d’Arvor a d’ailleurs publié un opuscule assez fumigène sur la question à usage strictement opportuniste, Culture, état d’urgence (Tchou) en challenger de son concurrent supposé au PS, Christophe Girard et son Petit livre rouge de la culture (Flammarion). Inspiré par le New Deal de Roosevelt, il verrait bien une relance économique et morale du pays par le soutien à la création. Depuis, le patron de France Culture qui ne voit aucune éthique particulière à se mettre en disponibilité de la station afin de mieux se concentrer sur un combat qu’il juge essentiel, active son petit ministère de sa propre propagande.

Le SNJ (Syndicat National des Journalistes) de Radio France, lui, s’est fendu dans la foulée de l’intervention sarkozyenne sur l’antenne d’Inter, d’un communiqué agacé intitulé "Olivier Poivre d’Arvor ça suffit ". Il y demande notamment une réaction plus claire du PDG Jean-Luc Hess. Au sujet de OPA, le syndicat de la Maison Ronde indique : " En prenant publiquement position pour un candidat, il a mis en péril la crédibilité de toutes les chaînes de Radio France, et nous ne pouvons rien répondre au Président candidat quand il attaque notre maison. Nous sommes fragilisés par les dérives ou les légèretés de nos responsables.
En n’édictant pas de règles, la direction de Radio France permet cette confusion.
Nous avons souligné, à maintes reprises, combien la nomination directe du PDG de Radio France par le Président de la République était grave, car elle créait la suspicion. Nous le maintenons.
" Interrogé le lendemain par la Société des Journalistes de Radio France, le PDG de Radio France a répliqué en substance : "Notre maison, qui est irréprochable, ne peut perdre ne serait-ce qu’une once de son crédit en raison de l’attitude condamnable de l’un de ses dirigeants."

Le SNJ avait déjà posé la question de la neutralité en octobre dernier, s’interrogeant sur la proximité d’Ivan Levaï dans l’affaire DSK, la visibilité d’Audrey Pulvar aux côtés d’Arnaud Montebourg le soir du premier tour de la primaire socialiste et déjà, l’agitation brownienne de l’impétrant Olivier Poivre d’Arvor.
Quant au maroquin de la rue de Valois, la "nouvelle donne" serait de l’attribuer à une femme, ce qui constituerait une première en ce ministère. La romancière et député Aurélie Filippetti, chargée de la culture au sein de l’équipe de campagne du candidat Hollande, par exemple ?