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La « médiacratie » française

vendredi 17 octobre 2014, par Christian Harbulot

Jean-Pierre Elkabbach, Eric Zemmour : 2 façons bien hexagonales de désinformer et enfumer

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Le journalisme consiste à recueillir, vérifier ou commenter des faits. Cette définition est fortement remise en cause par les dérapages que s’autorisent certains d’entre eux. La course à l’audience que se livrent aujourd’hui des médias déstabilisés par la désaffection d’une partie de l’opinion publique, est une des causes de ce laisser faire en termes de ligne éditoriale. Jean-Pierre Elkabbach est devenu un des maîtres du genre lors de ses interventions régulières sur Europe 1. Fort de sa longue expérience sur les plateaux des émissions politiques, ce journaliste a pris l’habitude de glisser ses humeurs dans la manière de questionner ses invités. Sans aucune retenue, il oriente arbitrairement le débat, coupe la parole et affiche clairement son ironie dans le meilleur des cas, ou son hostilité, voir son cynisme quand il ne partage pas les orientations de son invité.
Cette attitude est non seulement dangereuse mais très contreproductive. Lors du grand rendez-vous du dimanche avec Marine Le Pen le 12 octobre dernier, Elkabbach a démontré une fois de plus que l’arrogance n’est pas une posture crédible dans l’art de l’interview. Dans cet exercice, l’intéressé sort non seulement de son rôle de journaliste mais néglige la leçon élémentaire qui consiste à ne pas agresser l’autre en le transformant en victime. La satisfaction personnelle que retire Elkabbach de cette forme de mis en scène médiatique répond à une recherche très opportuniste d’audimat. Elle n’honore pas une station de radio comme Europe 1 qui cherche à défendre une certaine image de liberté de ton. Dans cette histoire, tout le monde est perdant excepté Elkabbach qui soigne son égo et Marine Le Pen qui fait figure d’agressée.

L’honneur de la France était à Londres, pas à Vichy. Le combat actuel pour la France passe par d’autres chemins.

Dans un tout autre genre, la polémique déclenchée par Eric Zemmour sur Pétain dans son dernier ouvrage sur le suicide de la France illustre bien la manière dont certains s’emparent de thèmes sulfureux pour faire du buzz de manière démagogique. Zemmour prend la défense de Pétain en citant les statistiques sur le nombre de juifs sauvés sous l’occupation. Son argumentation n’évacue pas le symbole du Vel d’Hiv et la participation de forces policières françaises aux rafles de juifs dans l’hexagone. Ce constat est sans appel. L’honneur de la France était à Londres, pas à Vichy. Le combat actuel pour la France passe par d’autres chemins.

L’omission est un autre travers de cette tendance à nier les fondamentaux du journalisme. La réélection du Président bolivien Evo Morales est un « non évènement’ » dans la plupart des médias français. Il aurait pourtant mérité quelques analyses plus approfondies sur la manière dont un petit pays tente de sauvegarder sa souveraineté économique en étant exposé à de forts appétits extérieurs pour certaines de ses ressources..

Retrouvez Christian Harbulot sur www.ege.fr