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Niels Planel : « Ma génération doit oser, nous n’avons plus rien à perdre »

mardi 10 décembre 2019

Consultant sur les enjeux d’innovation sociale, il est l’auteur d’Abolir l’inégalité (Librio), un essai percutant qui discute des inégalités avant tout sociales et éducatives et propose trois mesures qui pourraient changer radicalement la donne pour les jeunes générations.

Niels Planel, auteur d’ Abolir l’inégalité. 3 propositions radicales, Librio, 93 p., 5€.

DÉMOCRATIE SOCIALE « Depuis mars 2019, je fais activement la promotion de cette idée de patrimoine universel, que je défends au travers de conférences et présentations depuis la sortie du livre, tribunes, rencontres avec des hommes et femmes politiques et des acteurs du champ de l’innovation sociale, etc.

« La question de l’égalité enflamme vraiment les Français »

La mobilité sociale en France est déjà relativement faible actuellement mais les inégalités devraient être amenées à se creuser davantage : avec l’arrivée progressive des baby-boomers aux âges de décès à l’horizon 2030, et dans un contexte de croissance économique faible, la reproduction sociale risque de s’accentuer, dans la mesure où les destins des uns et des autres dépendront moins de la trajectoire des revenus individuels et davantage de l’importance des héritages reçus. Ce, d’autant que les baby-boomers sont plus riches que les générations précédentes et ont eu moins d’enfants en moyenne. En clair, les enfants qui hériteront, hériteront de beaucoup, creusant encore l’écart avec les autres. Dans ce contexte, il est impératif que des idées radicales du type d’un patrimoine universel soient débattues et, je l’espère, adoptées à terme.
Au passage, quel beau peuple que celui qui se passionne encore pour — et débat si farouchement de — la question de l’égalité, comme je le vois dans mes conférences et débats. Ce sujet enflamme vraiment les Français — ça n’est pas toujours le cas dans d’autres pays.

De graves menaces sociales et écologiques pèsent sur notre génération

Au-delà du champ des inégalités, je me bats aussi pour que la génération Y prenne conscience qu’elle doit s’exprimer et voir grand. Elle s’est interdit de parler en cette époque dure, sans doute parce que la condition salariale est en train de se disloquer et que nous sommes arrivés adultes dans un monde où le précariat s’accentuait partout autour de nous. On peut tomber dans le mutisme quand on se dit qu’il y a 5 ou 10 personnes disposées à prendre votre job si on fait des vagues — ce, alors même que de graves menaces pèsent sur notre génération (changement climatique menaçant notre civilisation, précarité en hausse, évasion fiscale lésant les sociétés, dégradation environnementale, fracture territoriale, montée de la solitude des individus, etc). Certains ont, au mieux, décidé de cultiver leur jardin. En réalité, nous n’avons plus grand chose à perdre, cette époque nous offre une opportunité inespérée de rêver une nouveau projet de société. Il nous faut désormais en prendre conscience et agir en conséquence. »