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Pierre-André Taguieff s’invite chez Maurice Dantec

mardi 18 août 2009, par Emmanuel Lemieux

Dans un texte au canon publié par le site Surlering, le politologue et directeur de recherches du CNRS s’attaque à la « christianophobie » mondialisée et « l’islamophilie politiquement correcte » généralisée.

Pierre-André Taguieff (Gabriel pour l’Agence Idea)

www.surlering.com (slogan : « dansons vite avant l’Apocalypse ») est le site dirigé par David Kersan, agent du romancier Maurice G. Dantec, où trublionnent également quelques beaux rottweillers intellectuels. Nouvelle recrue : Pierre-André Taguieff. Ancien compagnon de route de SOS Racisme, le politologue et philosophe des idées, directeur de recherche au CNRS, taille depuis des années une route singulière, décortiquant avec une minutie d’entomologiste obsessionnel, les pièges de l’antiracisme, mais aussi les constructions antisémites, les démarches complotistes, les « prêcheurs de haine », notamment à travers leur littérature et leurs productions argumentatives. Dans les années 1990, Pierre-André Taguieff s’est vu accuser de collusion avec l’extrême droite par Le Monde et le collectif dit des Vigilants, conduit par Maurice Olender (EHESS) et Roger-Pol Droit. En vain.

Sa nature polémiste, sa méchanceté acide, et son venin d’écriture, héritage du situationnisme, peuvent assez souvent le conduire à une surinterprétation des faits ou des lectures. Reste qu’il demeure un précieux penseur des « freaks » intellectuels.

Il faut un certain appétit en effet pour se pencher au-dessus des cloaques mentaux. Dans un long texte, intitulé « Islamophobie chimérique, christianophobie réelle, anti-islamophobie criminelle » publié début août sur le site de Kersan et Dantec, Taguieff attaque la « christianophobie » ambiante et mondialisée, et le terrorisme intellectuel de « l’islamophilie politiquement correcte » et lâche.

La « christianophobie » impunie

Extraits : « (…) Rien n’est plus significatif que la différence de traitement des « islamophobes », des antijuifs et des « christianophobes ». Les antijuifs déclarés ne font pas l’objet de condamnations à mort sur le modèle des fatwas, ils ne sont pas non plus assassinés par des Juifs fanatiques. David Duke, Robert Faurisson, Dieudonné ou Alain Soral se portent bien et ne vivent pas cachés. Le président iranien Ahmadinejad peut avoir professionnalisé les déclarations publiques antijuives sans avoir plus à craindre pour sa vie que n’importe quel autre chef d’État. On imagine aisément qu’il n’en irait pas de même pour un chef d’État occidental tenant des propos violemment antimusulmans dans les médias et lors de réunions internationales.

Dans les démocraties occidentales, les discours de haine contre un groupe humain particulier sont justement dénoncés dans l’espace public. Ils valent à leurs énonciateurs d’être légalement poursuivis devant les tribunaux. C’est ainsi que les judéophobes patentés sont sanctionnés pour leurs appels à la haine ou à la violence contre les Juifs. Alors que les christianophobes les plus radicaux ne sont dénoncés par personne, hormis quelques rares esprits courageux, chrétiens ou non. Ils ne font qu’exceptionnellement l’objet de poursuites. Ils sont même le plus souvent applaudis, voire héroïsés, par des « défenseurs des droits de l’homme », des « antiracistes » ou des « défenseurs de la laïcité » essentiellement mus par la haine du christianisme ou des Églises chrétiennes.

Terrible constat que celui du silence et de l’indifférence des manifestants « antiracistes » professionnels accompagnant les massacres de chrétiens. Et l’indifférence vire parfois à la complaisance, par exemple face aux massacres de chrétiens au Soudan. »

Les champignons vénéneux du messianisme politique

Dans la vision de Pierre-André Taguieff, ces idées et ces conduites idéologiques constituent les derniers avatars d’un phénomène de messianisme politique illusoire mais sans cesse revitalisée :

« L’antiaméricanisme et l’antisionisme suffisent à nourrir de dogmes et de slogans le nouveau catéchisme du « progressiste » ou du « révolutionnaire ». La conscience antitotalitaire s’éloigne. Les « ismes » à visage inhumain continuent de séduire. Le communisme est toujours célébré par nombre d’intellectuels occidentaux comme une promesse ou comme une « hypothèse » défendable. Et l’islamisme semble à beaucoup d’entre eux une voie à explorer, et même la solution, pour ceux qui veulent en finir avec l’Occident, incarnation du diable à leurs yeux. Il faut se résigner à constater qu’il n’y a pas de « leçons de l’Histoire ». Les messianismes politiques continuent de tromper les peuples, les utopies mortifères n’ont pas cessé d’exalter les intellectuels. Comme les champignons après la pluie, les illusions mortelles, à peine habillées de neuf, renaissent après les catastrophes qu’elles ont provoquées. »

Islamophobie chimérique, christianophobie réelle, anti-islamophobie criminelle