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Le philosophe François Jullien lance son mouvement d’idées

vendredi 31 juillet 2020

Las de la montée des extrémismes mais aussi de la glu du conformisme, le philosophe François Jullien annonce le lancement de son mouvement d’idées. Visée de son Collectif Dé-coïncidences : forger de nouveaux concepts pour comprendre le monde tel qu’il est. En exclusivité, Le Caoua des idées (N°3-4) publie l’appel des fondateurs.

« Pour raviver les esprits »


Une chape idéologique s’installe sur le monde
, tissée par les réseaux et les médias. Elle est faite à la fois de soumission au réalisme du marché — que ne contredit pas le système de contrôle et de précautions imposé — et d’infantilisation des consciences.
Particulièrement en Europe, terre pourtant de la libre pensée.

Or, comme on ne veut plus souhaiter de grand Soir, de Révolution du monde, qu’il faut se défier aussi des utopies faciles, convient-il d’introduire des dé-coïncidences qui fissurent cette passivité. Au pluriel, localement, à proximité, au fil des questions abordées : qui puissent inquiéter l’obédience sécrétée, plus encore que l’obéissance, et permettent d’en désadhérer.
Cela pour ouvrir la voie d’un commun effectif, à la fois social et politique.

FRANÇOIS JULLIEN, philosophe, titulaire de la chaire sur l’altérité à la Fondation de la Maison des sciences de l’homme. Prix Hanna Arendt 2010 pour la pensée politique et Grand prix de la philosophie française pour l’ensemble de son œuvre. Dernier essai : "De la vraie vie", L’Observatoire, janvier 2020. Crédit ©Olivier Roller pour LCDI.

Car la situation, en France comme en Europe, s’est fortement aggravée.
En France, la vie démocratique est menacée par la montée des extrémismes et des détestations, comme par l’étalement du conformisme. Sur quoi elle n’a plus prise et à quoi il n’est répondu, le plus souvent, que par de la démagogie. Le pays s’en trouve paralysé, se voit installé dans l’inertie, la rétractation des possibles et le renoncement à l’effort, la perte de courage et de volonté. Les élections à venir risquent de faire chavirer dans la pire dérive.
Ce qui avait, d’autre part, entraîné jusqu’ici la construction européenne, au titre de la paix instaurée et de la coopération économique et culturelle, ne la porte plus. Tant la surcharge bureaucratique que le repli sous les bannières nationalistes l’inhibent et la stérilisent. Elles l’empêchent de mobiliser ses ressources et de retrouver une initiative historique face aux nouveaux empires.
Une « seconde vie » de l’Europe est à promouvoir — faisant reparaître de l’ « idéal » — qui s’oppose à sa décomposition en cours.

Aussi des intellectuels ont-ils la responsabilité d’intervenir...

Il reste 50% de lecture de cet article publié dans Le Caoua des idées.

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