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Jean-François Kahn lance son think tank

mercredi 18 novembre 2009, par Emmanuel Lemieux

Le cofondateur de Marianne se concentre désormais sur la création d’une association populaire de réflexions, intitulée le CRREA et inspirée des clubs Jean Moulin dans les années 1960.

Jean-François Khan (Darius pour Idée@jour)

Serein, direct et ailleurs, comme d’habitude. Il a quitté la direction de Marianne, les affaires courantes du patron de presse, et ne tient plus qu’un bloc-notes dans l’hebdomadaire qu’il a créé. Il s’est mis en satelitte lointain du Modem, et a démissionné de son mandat de député européen aussitôt (bien) élu, comme il l’avait dit.

A 71 ans, Jean-François Khan se lance dans une carrière de think tanker.Il vient de mettre la dernière main à "Dernières salves", le 3e tome de son Dictionnaire politiquement peu correct (Plon), publié ce 19 novembre, et devrait profiter de la promotion du livre pour faire celle du CRREA : Centre de Réflexions et de Recherche pour l’Elaboration d’Alternatives.

Ce qui était encore un brouillon en septembre se précise. Les statuts ont été déposés, des locaux à Paris retenus et quelques sources de financement adductés -dont un coup de main notable de Claude Perdriel.

Sourire au-dessus d’un Coca : "Je reçois des dizaines de lettres à Marianne qui me demandent : "alors, quand est ce qu’on y va ? " " Le CRREA n’est pas confondre avec le CREA, qui fut dans les années 1980-1990, le petit club très chic du sociologue Jean-Pierre Dupuy.

Explications de Jean-François Kahn à ideeajour.fr : "Sur la forme, le CRREA s’inspire de ce qu’ont été, dans les années soixante, les clubs Jean Moulin. Ce club est né en 1958 avec l’ambition de proposer des alternatives politiques face à un gaullisme dominant. Il a réuni jusque dans les années 1970, des responsables politiques, des hommes de presse et des acteurs économiques dont la réflexion conjointe a effectivement débouché sur des alternatives. Toutefois, sur le plan idéologique, le CRREA sera quelque chose de tout à fait différent."

L’écrivain journaliste souhaite que des clubs du CRREA essaiment un peu partout en France, et que son think tank collaboratif produise quelques idées audacieuses et des propositions d’utopie possible. L’ancien directeur de Marianne veut faire affluer sur sa plate-forme de réflexions, des gens de tous horizons, républicains, écolos, centristes, " de Nicolas Dupont-Aignan à la fondation Terra Nova en passant par les militants de la décroissance, toutes les forces du progrès, comme on disait autrefois, pour peu qu’ils placent l’homme au coeur de leurs réflexions". Il se sent obligé de préciser qu’il n’est pas là pour fédérer un quelconque mouvement intellectuel en faveur du Modem."

"Il s’agit d’un chantier ouvert à tous ceux qui le souhaitent, quelle que soit leur sensibilité, à condition qu’ils se situent dans le champ démocratique et républicain, et à condition qu’ils aspirent à un autre modèle de société que celui proposé actuellement par le sarkozysme. Même au Figaro, ils commencent ici et là à suggérer que c’est un modèle horrible. Le moment que nous vivons est idéal pour élaborer des alternatives " détaille "JFK".

Fort de son indéniable talent de tribun et à l’occasion de ses tournées dans les régions pour la promotion de son nouveau livre, ou moins connu, ses conférences philosophiques, il compte bien faire essaimer de nombreux clubs du CRREA. Ils seront invités à plancher notamment à travers des ateliers et des publications, sur la dette abyssale de la France, et les crises du capitalisme. L’artificier n’a pas vraiment donné ses dernières salves.

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