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Florence Hartmann est-elle une criminelle de guerre ?

lundi 14 septembre 2009, par Emmanuel Lemieux

Elle vient d’écoper de 7000 euros d’amende par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie de La Haye, mais son livre incriminé est toujours en vente.

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Florence Hartmann (Gabriel pour L’Agence Idea)

7000 euros d’amende pour la coupable. On ne peut être plus clair dans l’intention : "Il faut dissuader l’accusée ou toute personne de divulguer à l’avenir des informations confidentielles" a sanctionné le juge Bakone Moloto, rendant le jugement ce lundi 14 septembre dans l’affaire qui oppose le TPIY (tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie) à l’ ancienne porte-parole (2001-2006) de la procureure du TPI Carla del Ponte, la journaliste Florence Hartmann, accusée d’avoir été trop précise sur les coulisses politiques du tribunal.

Curieusement, si les délits d’outrage à la cour et d’entraves au cours de la justice ont été retenus, le livre incriminé, Paix et Châtiment (Flammarion pour sa version française, 2007), lui, n’est pas interdit de vente ni de diffusion. Pas plus qu’une rectification des informations ou un caviardage de pages n’ont été prévus par le TPIY.

Devant la Cour européenne des droits de l’homme ?

"Le manque de succès commercial" de cet ouvrage "a été également pris en compte tout comme le fait que Mme Hartmann doit 10.000 euros à sa maison d’édition", a poursuivi le juge, dans sa grande mansuétude. "Je crains que les juges de ce tribunal ne connaissent pas grand chose au principe des a-valoir de l’édition" s’amuse Florence Hartmann.

La journaliste spécialiste des Balkans, biographe de référence de Slobodan Milosevic, collaboratrice durant dix ans du quotidien Le Monde, a publié des documents jugés compromettants par le tribunal des criminels de guerre de l’ex-Yougoslavie, prouvant l’implication de la Serbie dans le génocide de Srebrenica, provoquant la mort de 8000 musulmans bosniaques en 1995, et éclairant sur les négociations entre alliés pour atténuer les responsabilités serbes.

Florence Hartmann, dont la défense a constamment réclamé la relaxe, et arguant d’un règlement de comptes interne, entend bien faire appel de cette condamnation jugée disproportionné. Cela promet une belle joute en perspective, et quelque casse-tête juridique si d’aventure, l’affaire est présentée devant la Cour européenne pour les droits de l’homme.