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Babar mon colon

vendredi 8 mai 2009

La Morgan Library & Museum de New York dédie une grande exposition des esquisses de Jean et Laurent de Brunhoff, les créateurs de l’éléphant Babar. Le pachyderme de papier est réhabilité et politiquement correct aux États-Unis. En 1983, l’intellectuel chilien Ariel Dorfman fustigeait dans The Empire’s Old Clothes, deux albums, Histoire de Babar (1931) et Le Roi Babar (1933), dans lesquels il décryptait une subtile propagande coloniale. (Il s’en était déjà pris en 1976 à la figure « impérialiste » de Donald et de la bande dessinée en général, avec Armand Mattelart, dans une collection dirigée par Bernard Cassen.)

Vingt ans plus tard, le sociologue californien Herbert Kohl, auteur de Should we burn Babar ? (New Press, 2006) perçoit également dans l’éléphant français une authentique figure patriarcale, tenant d’une main de fer raciste et impérialiste son petit monde qui ne connaît pas le suffrage universel. Malgré tout, les enfants étatsuniens comme japonais ou anglais sont solidement « babarmaniaques ».

Le publiciste Adam Gopnik les venge dans The New Yorker, répondant aux détracteurs du petit élé­phant en soulignant combien ces albums constituent autant de « fables sur les difficultés de la vie bourgeoise », et une délicieuse comédie anthropomorphique.