Accueil Influenceurs Idéathèque Couveuse Panorama

Biographie d’une boîte infernale

lundi 5 décembre 2011, par Les influences.fr

Comment Malcom Mc Lean a mis la mondialisation en boite : "The Box", l’enquête captivante d’un journaliste de Newsweek, sur l ’influence du conteneur

Malcom Mac Lean (1913-2001), celui qui a déclenché la mondialisation avec ses conteneurs. Publié en 2006 aux Etats-Unis, The Box a obtenu le prix de l’essai de l’édition indépendante, et c’est justifié. Le journaliste Marc Levinson raconte dans son essai (adapté en France cette année par les éditions Max Milo), comment le conteneur constitue la brique de la mondialisation économique. Une date historique : le 26 avril 1956.

A bord du Ideal-X, mouillant dans le port de Newark (New Jersey), furent embarquées pour la première fois 58 boîtes métalliques standardisées, longues d’une dizaine de mètres et pouvant comporter et ranger des marchandises diverses. Ce premier transport de marchandises se rendant à Houston (Texas) signa le premier transport d’envergure censé rationaliser un frêt maritime de qualité et surtout beaucoup moins cher qu’auparavant.
Cette intuition est née dans l’esprit de Malcom Mc Lean (1913-2001), sefl made-man du transport routier, un chef d’entreprise comme l’Amérique les aime dans le western économique. Le représentant local de l’Association internationale des dockers, assistant à cette première démonstration, voit juste dans les bouleversements à l’oeuvre avec ces boites : " Je donnerais cher pour que ce fils de chien coule à pic ! " Cinquante ans et douze millions de conteneurs plus tard, il ne faut plus qu’un docker aidé par l’informatique et les grues pour décharger un navire, là où autrefois, on en réclamait une quinzaine dans une complexité manuelle massive, et toujours aussi peu précise pour ce qui concernait les délais de livraison.

Dans son enquête aussi folle que captivante, Marc Levinson, collaborateur de Newsweek et The Economist entreprend la biographie du conteneur, et par là même de la mondialisation économique.
"The Box" rappelle d’abord l’ère du transport sans conteneur, quand ça roulait, tanguait, se cassait, lorsque bouteilles, boites de conserve, machines de toutes sortes naviguaient, entassées, rangées selon une science empirique dans les soutes des cargos. La rareté coûteuse des transports, le vol, la disparition ou l’endommagement des matériaux stockés, l’immobilisation durant des jours des cargaisons faisaient partie du parcours obligé des marchandises.

Malcom Mc Lean a ouvert une sacrée boite de Pandore

« The box » a rationalisé les flux tendus, les juste-à-temps et transformé les bateaux de plus en plus longs (jusqu’à 400 mètres) et pouvant accueillir jusqu’à 10 000 conteneurs. Le conteneur a créé de nouveaux emplois, mais il en a détruit un certain nombre également et a influé, en profondeur, sur la division internationale du travail : grâce à ce type de transport sécurisé et rapide, les entreprises ne sont plus tenues de se trouver à proximité des ports et des gares, l’assemblage de pièces détachées répandues aux quatre coins du monde est devenu possible.
Malcom Mc Lean a ouvert une sacrée boite de Pandore pour toute une série d’activités en chaîne, bien au-delà des professions du transport et du stockage : «  Ainsi nul ne s’attendait à ce que la conteneurisation transforme les sites industriels et les procédés de fabrication des marchandises, ni qu’elle lancerait la déréglementation des transports, ou encore qu’elle faciliterait l’intégration de l’Asie du Sud-Est au sein d’une économie mondiale autrefois focalisée sur l’Atlantique Nord", constate l’enquêteur. Il se construit plus de 1,5 million de boîtes par an, dont 60% made in China.


Repères :

The Box, de Marc Levinson, Max Milo, 477 pages, 24,90 euros. Sortie : novembre 2011.


Poster un nouveau commentaire
Nous ! | | CGU | Archives | Administration
Copyright © 2009 - 2016 Cicero| Tous droits réservés
La reproduction totale ou partielle sans permission est interdite.