Influences : n.f.
  1. Emprunté du latin médiéval influentia, « action attribuée aux astres sur la destinée des hommes ».
  2. Action qui s'exerce entre des personnes ou des substances.
  3. Autorité, crédit, ascendant, en parlant des personnes

Les Influences

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#Politique

Les intellectuels contre les idées

Publié le 13 septembre 2021 par

L’idée : Après la communication des djihadistes, les théories des suprémacistes, un pamphlet du philosophe Philippe-Joseph Salazar sur le rôle social et politique des intellectuels, les ennemis les plus toxiques des débats d’idées.


Philippe-Joseph Salazar par © Gérard Cambon pour Les Influences.

Au secours, Philippe-Joseph Salazar revient ! Après Paroles armées, magistrale étude de la propagande djihadiste (2015) et son road-movie chez les Suprémacistes (Plon, 2020), le philosophe Philippe-Joseph Salazar étudie ce qu’il estime être La Déroute des idées. « Nous sommes devenus incapables de penser politiquement. Nous pensons par clichés, par “ressenti” attifé en idées et ne voulons pas voir qu’à travers les gesticulations de la télévision, les faux débats, nous vivons une véritable déroute intellectuelle. » Encore un essai populiste et anti-intellectuel, qui aura la faveur des médias réacs et collapsologues de la république qui part en cacahouète ? « Nous laissons des marionnettes, les intellos, donner voix à nos “ressentis”. Nous nous déchargeons sur eux de notre devoir d’intelligence. Or, ces intellos nous trahissent en glapissant qu’ils aident. »

Il suffit pourtant de peu pour casser l’élan de la bêtise et de la prétention.

L’ancien assistant de Roland Barthes, thésard de Georges Balandier, aujourd‘hui Distinguished Professor of Rhetoric à la Fac de droit du Cap (et blogueur sur notre site) ne dévie pas de sa ligne. Dans un autre essai, L‘Hyperpolitique. Une passion française (Klincksieck, 2009), il expliquait comment la rhétorique avait été enlevée peu à peu de la bouche du peuple, pour devenir une technique de management de l‘opinion par le pouvoir, et notamment le président de la République. Depuis toutes ces années qu‘il observait de loin les agitations de ses pairs, les intellectuels français, il mûrissait un petit essai pamphlétaire, féroce et sans répit. À la déroute constatée, Salazar oppose une reprise en main toujours possible du débat d‘idées : « Il suffit pourtant de peu pour casser l’élan de la bêtise et de la prétention. Il suffit de résister. Pour résister il faut des armes et c’est à cela que les idées servent. Il faut aussi que les intellectuels se retirent derrière les idées, qu’ils soient modestes, qu’ils cessent d’être des poseurs, qu’ils laissent certaines idées monter au front. C’est le propos de ce livre : un appel aux idées contre les “intellectuels”, un appel à résister à ce et ceux qui nous mettent en déroute, un appel à commencer à penser – politiquement.» Décapant, urticant, énervant mais toujours étincelant, le prochain essai de Philippe-Joseph Salazar, qui vient spécialement en France pour la promotion de son livre au mois d‘octobre, promet quelques réactions et, peut-être, quelques débats animés – c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

La Déroute des idées. Appel à la résistance, Philippe-Joseph Salazar, Piranha, 256 p., 18 €. Paru 22 octobre 2021.

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