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Ces espions qui meurent pour la France

lundi 21 janvier 2013, par Christian Harbulot

Aujourd’hui comme hier, les politiques ont toujours autant de mal à missionner avec cohérence leurs services secrets

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Il faut parfois une photo trouvée sur le Net pour se rappeler que des hommes meurent pour la France dans l’anonymat de leur fonction et de leur engagement. Lors de l’opération menée pour tenter de libérer un agent de la DGSE en Somalie, les islamistes somaliens d’al-Chebab ont publié la photo d’un des membres du commando du service Action abattu dans cette opération de sauvetage.
Plusieurs ouvrages sont sortis ces derniers mois sur les services secrets français. Michel Rocard a préfacé le plus provocateur par le titre, Les services secrets français sont-ils nuls ? Parmi les points négatifs relevés par l’auteur Eric Dénécé figure en bonne place cette faille récurrente dans la culture française du renseignement : « les politiques ignorent ce à quoi sert le renseignement et ce que font les différents services. Ils ne voient pas son utilité. Aucun président de la Ve République n’a jamais accordé de considération au renseignement. Ils se sont surtout attachés à les neutraliser.  »

L’histoire politique des services secrets français donne au moins une explication à ce constat en demi-teinte. Charles de Gaulle replié à Londres fut victime d’une déstabilisation du MI5 (le contre espionnage britannique) pour salir l’image naissante de la France Libre et marginaliser son combat. Le créateur de la Ve République en garda un souvenir amer. Georges Pompidou eut aussi quelques raisons de se méfier des services à la suite de la tentative de désinformation dont son épouse fut victime de la part de quelques électrons libres. En retraçant le cheminement du monde du renseignement français depuis la seconde guerre mondiale, Faligot, Kauffer et Guisnel élaborent sans le vouloir un guide ouvert de nos contradictions. L’implication des services français dans la guerre froide aboutit en annexe à l’énumération d’une liste d’espions français exécutés par les services de l’Est. La découverte de traitres au sein du SDECE ne donne paradoxalement pas lieu à des sanctions exemplaires pour avoir servi la cause de l’URSS.

A l’opposé, les auteurs rappellent que le service action de ce même SDECE élimine dans plusieurs pays plus d’une centaine de trafiquants d’armes et de combattants de l’ombre liés au FLN pour la seule année 1961. Ce traitement inégal du rapport de force donne une image troublante de la relation conflictuelle avec l’ennemi.

Les services secrets français n’échappent pas à la contradiction du jeu politique. Ils en sont parfois les otages condamnés au silence et sans possibilité de se faire entendre par le biais d’un comité de soutien. Mais leur plus grand handicap reste la difficulté des dirigeants de ce pays à définir un chemin cohérent pour les missionner sur les priorités stratégiques qui pèsent sur le devenir de la France.


le 22 janvier 2013 : Ces espions qui meurent pour la France

Très intéressant mais votre analyse démontre trois choses : 1) que contrairement au Royaume-Uni les services français n’ont pas d’éthique de légitimation 2) que l’Etat a dû être encore plus infiltré par le KGB qu’on ne nous le dit 3) que la notion d’espions qui meurent "pour la France" est sujette à caution.


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