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Comics Villepin

mardi 6 juillet 2010, par Emmanuel Lemieux

Dominique de Villepin ne sera peut être pas l’homme politique de l’année, mais il est déjà un héros de BD.

Dominique de Villepin peut être certain d’une chose : s’il rate sa marche politique et la création de son mouvement politique, il pourra se consoler en savourant la notoriété dans la bande dessinée. Héros de BD, ce n’est pas donné à tout le monde.
Le dessinateur Christophe Blain s’est acoquiné avec Abel Lanzac, ancien membre des cabinets ministériels, pour concocter l’album BD de l’année : Quai d’Orsay (Dargaud), premier tome de chroniques diplomatiques. Dominique de Villepin alias Alexandre Taillard de Worms, silhouette aérodynamique, un seul trait pour les yeux et mains comme des battoirs, mué par une électricité hyper-réactive, raisonnant en trois points débités à la hache (« Tchac ! Tchac ! Tchac ! ») règne sur le quai d’Orsay, empire lyrique et très administratif. Le scénariste Abel Lanzac, lui, a également son double en la personne d’Arthur Wlaminck, engagé à la hussarde au cabinet du ministre pour traiter « des langages  ». En novlangue ministériel, cela signifie écrire des discours. Christophe Blain a traduit graphiquement cette figure du pouvoir avec une finesse hilarante, dans un style très New Yorker. Impulsé par un lyrisme amphigourique, on voit ce personnage tout en tension s’embrouiller et surtout embourber ses collaborateurs lorsqu’il s’agit de rejoindre la realpolitik du terre-à-terre.
On voit la vie du cabinet d’un ministre expédier ses missions quotidiennes (discours ou négociations), gérer les amitiés ministérielles ( embarrassants poète et intello) et affronter l’inattendu des crises.

Jubilation française

La diplomatie française racontée par Blain et Lanzac n’est pas exactement une réalité de documentariste, mais c’est encore mieux : les auteurs ont fait un décalque d’histoires vraies, cherché des équivalents à la réalité, et offre la chanson de geste jubilatoire d’une certaine mélancolie française. En effet, cet Alexandre Taillard de Worms campe la figure politique du volontarisme, de la gouvernance qui roule des épaules mais qui peut peut dans la redistribution des cartes géopolitiques et face à la mondialisation. Les Etats-Unis nous avaient apporté la formidable série The West Wing, la France littéraire nous concocte la décantation romanesque d’un ministre de la république en voie de dissolution.


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