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Face à la cyberguerre

lundi 26 novembre 2012, par Christian Harbulot

Cette nouvelle forme de conflit est t-elle maîtrisable ?

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La course aux armements a abouti à l’apparition de nouveaux systèmes d’armes de destruction massive. Durant la première guerre mondiale, le recours au gaz mortel eut des effets très controversés. L’Allemagne fut la première à utiliser ce type d’armes en 1915 dans des offensives de grande ampleur sur le front de l’Est et sur le front de l’ouest. Les adversaires se neutralisèrent très vite par des attaques similaires et le développement de matériel de protection. Les belligérants de la seconde guerre mondiale s’abstinrent globalement d’y recourir une nouvelle fois dans la mesure où cet armement ne donnait pas un avantage décisif dans le déroulement des opérations militaires. Les armes chimiques furent réutilisées au cours de la guerre Iran/Irak par les troupes irakiennes sans pour autant permettre à Saddam Hussein d’obtenir une victoire sur le terrain. Durant la guerre froide, l’avènement de l’arme nucléaire a démontré que le risque de destruction mutuel était à ce point dissuasif que les faucons des deux blocs durent renoncer à une stratégie de guerre totale. Quant aux armes biologiques, elles ont un pouvoir de nuisance majeur mais leur propagation est difficilement contrôlable et peut se retourner contre la force qui l’utilise. L’armement Nucléaire/Biologique/Chimique est donc pour l’instant un arsenal qui relève plus de l’intimidation que du passage à l’acte.

Qu’en est-il de la cyberguerre, cette nouvelle forme d’affrontement qui révolutionne le cadre politico-militaire de la géostratégie ? La rafale d’ouvrages parus sur le sujet, le dernier en date étant celui du colonel Olivier Kempf, Introduction à la cyberstratégie chez Economica, intronise de manière générale la cyberguerre comme la nouvelle manière de prendre le dessus dans un conflit. Cette apologie de l’intrusion de la société de l’information dans la gestion d’un affrontement soulève quelques questions. Les partisans de cette nouvelle dimension conflictuelle ne vont-ils pas un peu trop vite en besogne en la plaçant au cœur de la stratégie comme ce fut le cas au siècle dernier avec les promoteurs de l’usage des armes de destruction massive ?

Sans entrer dans le débat sur l’importance du contenu par rapport au contenant (cf. l’article Le piège technologique de la cyberguerre à paraître dans le prochain numéro de la Nouvelle Revue Géopolitique), les possibilités de contamination par le virus Stuxnet révélés dernièrement par les firmes occidentales Chevron et Air Liquide constituent une première interrogation sérieuse sur les risques d’effet boomerang de cyberattaques initiées par des puissances contre leurs propres infrastructures industrielles.

Autrement dit, la cyberguerre est-elle plus maîtrisable à terme que les armements NBC et faute de garantie suffisante ne subira-t-elle pas le même sort que els armes de destruction massive ?


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