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Frédéric Mitterrand donne une leçon d’économie au G20

dimanche 4 juillet 2010, par Emmanuel Lemieux

En remettant le 1er prix Sophie Barluet (essais sciences humaines) à l’économiste Jean-Luc Gréau, le ministre de la Culture salue un intellectuel en guerre contre "l’économiquement correct" et qui plaide pour une renaissance de la puissance politique.

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Jean-Luc Gréau, analyste financier et auteur de La Trahison Des Economistes.

Le 1er juillet, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, attribuait le 1er prix Sophie Barluet (célébration biannuelle d’une analyse de sciences humaines et sociales publiée dans une revue d’idées) à l’analyste financier Jean-Luc Gréau, auteur de La Trahison des économistes (Gallimard-Le Débat, 2008).
Son premier essai, L’avenir du capitalisme, paru en 2005 chez Gallimard, avait esquissé les dérives du néo-libéralisme.
" Jean-Luc Gréau est tout sauf un Don Quichotte de l’antilibéralisme, qui jetterait, si je puis dire, le marché avec l’eau du bain (...), c’est un pragmatique, un adversaire des excès du capitalisme, qui apporte une critique interne salvatrice de nos équilibres économiques" a expliqué le ministre.

Depuis 2008, J.-L. Gréau (1943) pratique la veille intellectuelle et économique, comme consultant indépendant. Décrypter les séquences et les détails diaboliques de l’économie globalisée fait partie de son activité. Or, les outils intellectuels de l’économie font défaut pour comprendre ce nouveau monde qui s’ébauche dans la crise financière, explique-t-il dans son essai percutant, La trahison des économistes. « L’économie n’est pas qu’une science, elle a aussi ses dogmes, ses fétiches et sa religion dominante, ce que l’on oublie souvent d’intégrer dans sa réflexion", soutient-il.

En 2010, et une crise financière mondialisée plus tard, les analyses de J.-L. Gréau restent à l’offensive. Voilà ce que dit cet ancien conseiller du MEDEF au service de com du ministère de la Culture : Trois postulats fondent "l’économiquement correct ou conforme" selon lui. La soi disante autorégulation de l’économie dans son ensemble toujours en vigueur, la pseudo capacité de régulation globale du crédit par des banques centrales indépendantes qui "délivrées de la tutelle des Etats, sont tombées sous l’influence des marchés" et enfin, la fausse régulation politique.

Sur le rôle des Etats en temps de crise, J.L Gréau se fait plus ferme : L’incantation quotidienne appelant à une régulation mondiale revient,dans son principe, à refuser que les Etats ou des regroupements d’Etats prennent leur responsabilité en créant de nouvelles règles, comme celles dont ont besoins les banques pour redevenir des prêteurs responsables. Nous avons besoin d’une renaissance du pouvoir politique d’abord dans sa capacité normative, ensuite dans sa qualité d’investisseur public accompagnant l’effort d’investissement productif des entreprises." A bon entendeur du G20 salut.


Repères :

- A lire également sur notre site, Le Dico des intellos : Jean-Luc Gréau

- www.culture.gouv.fr/mcc/.../Remise-du-Prix-Sophie-Barluet

- Le jury du 1er Prix Sophie Barluet était composé de Pierre Assouline, Alain Frachon, Claude Imbert, Jacques Julliard, Jean Lebrun, Jean-Pierre Le Goff, Philippe Meyer, Etienne de Montéty, Daniel Rondeau, Alain-Gérard Slama, et Benoît Yvert.


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