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Hollande-Macron : de la pluie à la sécheresse durable

lundi 8 mai 2017, par Les influences.fr

Alors que les services de l’État redoutent une sécheresse importante, les réflexions politiques sur la gestion de l’eau restent à désirer selon le spécialiste Marc Laimé.

Société. Pour ceux qui en douteraient, l’après-Hollande a bien commencé. Le quinquennat particulièrement pluvieux devrait laisser la place cet été, à une sécheresse très redoutée par les spécialistes en France.

Marc Laimé, ancien journaliste, spécialiste de la gestion de l’eau et essayiste au vitriol, met en garde sur son blog Les eaux glacées du calcul égoïste, sur le retour d’un refoulé politique perdu de vue depuis quelques années : la sécheresse, et son corollaire, l’impréparation d’une société face à une crise de ressources en eau.
Il fait ainsi état d’une note du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) dans sa newsletter en date du 20 avril dernier, constatant « Une recharge hivernale insuffisante  » :
« Le niveau des nappes au 1er avril 2017 est hétérogène d’ une région à l’autre. Moins de la moitié des nappes (46%) ont pour l’ instant commencé à bénéficier de la recharge hivernale attendue pour cette période de l’année, avec un niveau moyen ou plus haut que la moyenne.
Seuls quelques rares secteurs présentent des niveaux autour de la moyenne voire modérément hauts comme la Lorraine, le sud du Bassin parisien ou la plus grande partie du pourtour méditerranéen.
Le reste du territoire présente des niveaux modérément bas voire bas, notamment sur la nappe de la craie normande et picarde, ou sur une grande partie des nappes du bassin Adour-Garonne.
Toutefois, le BRGM estime que si l’affaire est sérieuse, elle n’est « pas comparable aux déficits historiques rencontrés par exemple en 2003-2004. »

La sécheresse devrait fortement influencer la prolifération des algues vertes en Bretagne.

Cette sécheresse devrait fortement influencer la prolifération des algues vertes en Bretagne, et note Marc Laimé, "« la multiplication des instances judiciaires engagées par des associations comme des proches de victimes décédées après avoir été intoxiquées par des algues vertes."
Le spécialiste pointe sur le sujet, « une omerta d’autant plus inquiétante que des échouages massifs et très précoces sont déjà enregistrés cette année puisque le littoral de Bretagne est en proie au pire début de saison des marées vertes depuis 2009. Chaque année, les collectivités ramassent 30 000 et 70 000 tonnes sur les plages. »

Marc Laimé, dans ce contexte, s’est intéressé à la gestion politique de l’eau. Est-on en mesure, alors que le changement climatique est à l’oeuvre, de maîtriser les ressources en eau ?
Le Sénat a adopté le 21 février dernier la proposition de résolution présentée par Rémy Pointereau (LR) reprenant les conclusions de son rapport d’évaluation qui propose notamment de simplifier certaines procédures. Philosophie de base : alléger certaines normes et « agir avec pragmatisme et discernement dans la gestion de l’eau ». Le sénateur Pointereau, qui est lui-même un gros exploitant agricole note le blogueur, y dressait un bilan mitigé de l’application de la loi exhortant à agir avec « pragmatisme et discernement  ».

Depuis la publication en 2016, du rapport sénatorial Eau : urgence déclarée, il ne sort pas grand-chose du robinet à résolutions.

Or de pragmatisme, on ne voit pas grand-chose sortir du robinet à résolutions. Un autre rapport, beaucoup plus pessimiste et intitulé « Eau : urgence déclarée » des sénateurs Henri Tandonnet et Jean-Jacques Lozach, a été rendu public en juin 2016. le document alertait sur les conséquences du changement climatique sur la ressource en eau.

« Si la quasi-totalité des acteurs du monde de l’eau sont attachés aux grands principes posés par la loi, beaucoup regrettent une mise en oeuvre concrète problématique  », rapporte ainsi le texte de la résolution en introduction.

Pour la gestion qualitative de l’eau, elle préconise de s’en tenir au respect des directives européennes et de « fixer des objectifs réalistes, pragmatiques et stables » pour mesurer les effets de la politique de l’eau.
Le texte propose aussi d’interdire les prélèvements par l’État sur le fonds de roulement des agences de l’eau.
Côté gestion quantitative, elle recommande de « sécuriser juridiquement les organismes uniques de gestion collective (OUGC), de favoriser la recharge de nappes et les retenues de substitution ».
Les procédures devraient être simplifiées et claires pour ce qui concerne différentes actions de la gestion de l’eau comme le nettoyage des rivières, les autorisations de pompage ou l’instruction des dossiers de création des retenues d’eau.

« Il faut donner à la simplification la priorité qu’elle mérite », assène ainsi le texte, ce qui semble être un euphémisme tant les intérêts se croisent, s’accumulent et se contredisent.
« Le système de la gestion de l’eau est à bout de souffle » affirme Marc Laimé. Dans les Agences de gestion de l’eau, « on oscille entre burn out et veillée funèbre. » Les politiques sont à sec. François Hollande, reviens !


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