Accueil Influenceurs Idéathèque Couveuse Panorama

Hollandor

jeudi 1er décembre 2011, par Denis Parent

La chronique des hommes tombés au champ d’honneur médiatique. François Hollande.

Cette semaine le Catastrophomètre, le nouvel outil des instituts de sondage, a nourri les média obèses de sa rumeur : les polders de Hollande on cédé. Il n’y a pas que le Var pour être sous les eaux, le candidat socialiste y est aussi. François Hollande c’est le clerc de notaire, le pharmacien de Louviers, le John Doe du Doubs. Une certaine idée de la France aux joues rouges, aux ongles rongés, persécutée dans la cour de récré par les fiers à bras ; c’est monsieur personne qui va conquérir la belle en faisant des haltères et le régime Dukan. On l’a aimé parce qu’il ne disait rien. Maintenant il dévisse parce qu’il continue de se taire. Enfin c’est ce que disent les techniciens de surface financière.

Martine Aubry, la première, avait tapé sous la ceinture : Hollande est mou. Ses amis avaient beau dire que c’est une bonne pâte, rien n’y fait, le concept est resté. Un mou. En ces périodes de vaches maigres il faudrait un dur pour saillir la génisse. Problème : le dur on l’a depuis cinq ans, il est à l’agonie, il est presque matamore. Hollande est mou, entendez gras du bide, relâché des bajoues, il bande mou. Hollande c’est de la nourriture pour chat. A côté, et par contraste, on a la Joly écolo de vacances, dure à cuire, parce qu’elle connait la procédure. De l’autre y’a Mélenchon dont le nom du terroir ne rassure pas sur la rigueur. Et pourtant quel chien méchant, le Hadès de feu la classe ouvrière. Longtemps le sans-gêne, le mal élevé, le parvenu Sarkozy, l’homme qui, comme les footballeurs, marie les mannequins, celui qui est reçu par les maîtres de forge, avait fasciné la France parce qu’il conduisait d’une main, portait des lunettes noires, parlait plus fort que les autres et se remontait les joyeuses. Mais le peuple en a soupé, soudain il voulait du modeste, du travailleur, du rat de bibliothèque. Du Hollande. Maintenant l’élection approche, ce théâtre d’ombre qui hypnotise le citoyen.

En ces périodes de vaches maigres il faudrait un dur pour saillir la génisse. Problème : le dur on l’a depuis cinq ans, il est à l’agonie, il est presque matamore

Les paupières sont lourdes comme du plomb, les premiers rêves vont se manifester. On veut du rose et du bleu, des ciels parmes et des avantages millénaires acquis pour des millénaires. On veut de la démocratie Playmobil, avec toutes les pièces, et un grand héros à assembler et à poser sur une étagère. Et on sent pas que le tailleur de François puisse lui en fournir l’étoffe. Alors les sorciers vaudous qui entourent nos hommes politiques, rebaptisés « conseillers en com’ » cherchent à transformer monsieur Bonhomme en homme. Nous faire du Hollande couillu. Le genre à prendre la France en levrette. Et c’est pas en aimant les Beatles ou Brahms. Pas en faisant l’expert en contrepet. Pas en s’envoyant une mousse comme Jacques le mariolle. Non c’est comme Mitterrand en la prenant de haut. Ou le général en la prenant de Londres. On prenant son pied avec des Mariannes rapidement troussées. Problème : avoir été le compagnon de madame Royal reste un handicap. Jolie certes, mais tellement hystéro que le pays en a divorcé bien plus vite que François. Sauve qui peut ! Là encore, avoir été Monsieur Royal pendant tant d’années, ça ne garantit pas grand-chose de l’autorité de l’homme. Et puis, depuis que DSK a pris la place du faune, la virilité socialiste doit être réinventée.

Il ne reste plus qu’à François Hollande à faire dans le Churchill : cigare, traits d’humour assassins, culture générale, arrogance débraillée. Et promettre le pire.


Repères :

Denis Parent, écrivain, cinéaste et chroniqueur de Phillipe Dana sur le Mouv’, signe sa première chronique pour lesinfluences.fr

Dernier roman :Un chien qui hurle, Stéphane Million Editeur, Laugnac, 305 pages, 17 euros. Sortie : juin 2011.

www.stephanemillonediteur.fr
www.lemouv.com


Poster un nouveau commentaire
Nous ! | | CGU | Archives | Administration
Copyright © 2009 - 2016 Cicero| Tous droits réservés
La reproduction totale ou partielle sans permission est interdite.