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Karoline Postel-Vinay et le criminel de guerre

mardi 29 juin 2010, par Emmanuel Lemieux

L’universitaire jugée hier devant la 17e chambre de Paris saura en septembre si elle a eu raison de qualifier le philanthrope Sasakawa de criminel de guerre.

"Il nous faut attendre désormais le 22 septembre prochain pour connaître le verdict" commente à L’Annuel des idées, Karoline Postel-Vinay, directrice de recherche au CERI (Centre d’études et de recherches internationales). La stratégie des avocats de la spécialiste du Japon contemporain et des relations internationales a été de ne pas faire de vague dans les médias avant l’audience de clôture du procès qui s’est tenue lundi 29 juin à la 17e chambre de Paris. Poursuivie pour diffamation, Karoline Postel-Vinay affronte les foudres de la Fondation franco-japonaise Sasakawa (FFJS). Motif du grief : avoir rappelé le passé controversé, si ce n’est sulfureux, du philanthrope Sasakawa, à savoir criminel de guerre et proche de l’extrême droite nippone.

L’avocat du plaignant a minoré cette classification de catégorie A, estimant qu’il s’agissait du bas du classement. " C’est incroyable, Hitler aurait fait partie de cette classification A ! s’insurge K. Postel-Vinay."Les procès de Tokyo en 1945 se sont voulus exemplaires et novateurs dans la qualification juridique de la criminalité de guerre, mais la Guerre froide, l’impératif de la lutte anticommuniste ont effectivement mis fin aux meilleures intentions."

Personnage clé du patronat japonais de l’après-guerre, figure forte de l’extrême droite ultranationaliste, en étroite relation, à en croire de nombreuses enquêtes convergentes, avec les yakusas, qu’importe : on ne touche plus à la mémoire de Ryôichi Sasakawa (1899-1995), qui trouva sa rédemption dans la philanthropie et la promotion de la culture japonaise à l’étranger, semble vouloir signifier la FFJS, tête de pont de toutes les fondations Sasakawa en Europe.

Cinq cent spécialistes du Japon internationaux ont signé une pétition en faveur de leur collègue. Rien n’y fait. Karoline Postel-Vinay est apparemment ciblée par la Fondation, car c’est de son adresse IP qu’ont été émis la pétition et les précisions biographiques qui ont fait capoter un colloque de l’IFRI (Institut Français de relations internationales), de Thierry de Montbrial.

Si la justice française tenait K. Postel-Vinay pour une diffamatrice, c’est une brèche jurisprudentielle qui s’ouvrirait et pourrait sonner la curée pour nombre de journalistes, d’enquêteurs et de chercheurs dans le monde entier qui ont étudié et publié leurs conclusions peu avantageuses sur le parcours de Ryôichi Sasakawa.


Repères :

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Banzaï sur Karoline Postel-Vinay


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