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La Revue Des Deux Mondes se rebiffe

samedi 11 mars 2017, par Emmanuel Lemieux

La revue dirigée par Valérie Toranian et conseillée par l’omniprésent Franz-Olivier Giesbert répond aux "calomnies du Monde".

Médias. Après sa couverture un rien flatteuse " De quoi François Fillon est-il le nom ? " coïncidant avec l’affaire Fillon, et ledit Pénélopegate, c’est le numéro du mois d’avril de La Revue Des Deux Mondes (RDDM) qui devrait être particulièrement suivi. Sa Une est dédiée à De Gaulle (il a réformé la France en 100 jours), mais, la revue entend aussi répondre aux "calomnies du Monde", et plus précisément à son responsable des pages "débats", Nicolas Truong. Auteur d’une double page, "Où va La Revue Des Deux Mondes ?" (édition du 5-6 février 2017), il a eu le don d’agacer la rédaction de la rue de Lille.

Dans sa Réponse, la directrice de la rédaction ne donne pas de détails sur la perquisition un peu traumatisante effectuée au siège de la revue, ou une analyse consistante sur les effets de l’affaire Fillon dont on cherche encore le nom, mais entend confirmer "la liberté et l’indépendance" absolus de la revue qu’elle dirige depuis 2015. " Il est heureux qu’il y ait encore, dans le paysage culturel français, des mécènes capables d’assurer la pérennité des revues, lieux d’excellence de la réflexion, du débat, de la littérature, des idées et dont le modèle économique dépend de leur générosité", précise t-elle pour Marc de Lacharrière, propriétaire du titre depuis 1991.
En bonne DRH, elle remercie la fantastique équipe (vaillante et assurément de meilleure qualité-prix qu’une ancienne chroniqueuse).

Valérie Toranian fustige le mauvais procès d’un tournant réac de La Revue Des Deux Mondes.

Reste une phrase qui mériterait précision : " À la suite de la réflexion stratégique menée par Marc Ladreit de Lacharrière que j’ai mise en oeuvre dès mon arrivée, La Revue a pris une nouvelle inflexion éditoriale ". Serait-ce les fruits des bons conseils de Pénélope Fillon, "conseillère éditoriale" supposée de la revue entre 2012 et 2013 ?
Surtout, Valérie Toranian développe et fustige le méchant procès que ses détracteurs lui feraient d’avoir prise " un mauvais tournant réac". Et, (inconscient ?), elle reprend à son compte, la stratégie de défense de François Fillon sur la misogynie du Canard Enchaîné à l’encontre de sa femme : en effet, Nicolas Truong " n’a pas peur de réécrire une version misogyne et sexiste de mon rôle à La Revue Des Deux Mondes : à ses yeux je ne serais qu’une pauvre femme transparente, soumise, obéissant à son compagnon au doigt et à l’oeil."

Michel Crépu : "Les mauvaises langues prétendent que s’il y avait un emploi fictif dans cette publication, c’était bien le sien, mais nous ne prêtons aucun crédit à ces carabistouilles." (Franz-Olivier Giesbert)

Justement il arrive ! On a le droit ensuite au show relou de Franz-Olivier Giesbert, (omniprésent ici comme ailleurs dans les médias quoique il en dise- pourquoi ne parle t-on que du cumul des mandats en politique ?), cartonnant avec délectation Truong, ce "Torquemada de poche". FOG a également un mot pour l’ex de La RDDM, Michel Crépu, qui "participe à la curée" : "Les mauvaises langues prétendent que s’il y avait un emploi fictif dans cette publication, c’était bien le sien, mais nous ne prêtons aucun crédit à ces carabistouilles."

C’est un fait, avec des couvertures et une écriture plus magazine, La RDDM sous l’égide Toranian-FOG a plus que doublé les ventes et abonnements de l’ère Crépu (selon nos informations + de 7000 exemplaires en moyenne contre 2500 exemplaires).

Dans cette série d’articles, Olivier Cariguel rétablit lui d’utiles vérités historiques sur La RDDM, notamment au sujet de son attitude sous l’Occupation, loin du collaborationnisme bon teint suggéré par Nicolas Truong. " Anti-allemande, La Revue qui avait dénoncé bien avant la guerre les dangers de l’idéologie nazie, refuse de revenir s’installer à Paris malgré les facilités de papier et de transport offertes par les autorités allemandes. Elle n’a pas été "collaborationniste" et n’a pas répandu d’idées favorables à une politique de collaboration franco-allemande" précise le rédacteur.

On notera par ailleurs dans ce numéro, un très bon entretien de Sébastien Lapaque avec Jean-Claude Michéa, nettement plus intéressant et lisible que l’essai même, Notre ennemi le capital que vient de publier le philosophe.


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